A-t-on le pouvoir de rendre nos enfants heureux ? avec Béatrice Millêtre #287

Comment élever un enfant heureux ? Les parents n’ont sans doute jamais eu accès à autant de connaissances sur l’éducation, le développement et les besoins de l’enfant. Livres, podcasts, études, conseils d’experts : les ressources ne manquent pas. Pourtant, malgré cette attention croissante portée au bien-être des plus jeunes, le mal-être des enfants et des adolescents reste très présent.

Pour Béatrice Millêtre, docteure en psychologie et neurobiologiste, la réponse ne se trouve pas dans une nouvelle méthode éducative à appliquer à la lettre. Elle invite plutôt les parents à revenir à l’essentiel : observer leur enfant, comprendre ses besoins et lui offrir un environnement suffisamment sécurisant pour qu’il puisse devenir lui-même.

Elle résume cette idée ainsi : « Élever un enfant heureux aujourd’hui, c’est l’aider à construire une sécurité intérieure suffisamment solide pour affronter l’incertitude sans renier ce qu’il est. »

Le rôle du parent n’est donc peut-être pas de rendre son enfant heureux à tout prix, mais de créer les conditions qui l’aideront à construire son propre équilibre, à développer sa confiance et à trouver sa place dans le monde.

L’essentiel à retenir

  • Un parent ne peut pas garantir le bonheur de son enfant, mais il peut l’aider à construire une sécurité intérieure suffisamment solide pour faire face aux difficultés et avancer avec confiance.

  • Pour Béatrice Millêtre, quatre besoins jouent un rôle essentiel : l’amour inconditionnel, la confiance, les repères et le décryptage du monde.

  • Écouter son enfant ne signifie pas tout accepter. Il s’agit de comprendre ce qu’il exprime, de tenir compte de ses besoins et de lui proposer des règles et des repères qui évoluent avec son âge et ses capacités.

  • Les enfants n’ont pas besoin de parents parfaits, mais d’adultes fiables, capables d’expliquer, de reconnaître leurs erreurs, de rester présents et de leur montrer qu’ils peuvent trouver leur place dans le monde.


Peut-on vraiment rendre son enfant heureux ?

Vouloir que son enfant soit heureux est sans doute l’un des souhaits les plus spontanés d’un parent. Mais peut-on réellement fabriquer le bonheur de quelqu’un d’autre ? Pour Béatrice Millêtre, chercher à préserver son enfant de toute difficulté risque surtout de conduire à vouloir contrôler son parcours, ses choix ou les obstacles qu’il pourrait rencontrer.

Elle distingue ainsi l’amour inconditionnel de ce qu’elle appelle un « amour inquiet ». Celui-ci pousse le parent à vouloir éviter à son enfant toute « anicroche » ou tout « pépin ». L’intention est évidemment protectrice, mais elle peut progressivement se transformer en surprotection. À l’inverse, l’enjeu serait plutôt de transmettre à l’enfant cette certitude : des difficultés surviendront, mais il pourra les traverser, demander de l’aide et repartir.

Autrement dit, élever un enfant heureux ne signifie pas lui construire une vie sans frustration, sans échec ni tristesse. Cela consiste davantage à lui donner suffisamment de confiance et de sécurité pour qu’il ne se sente pas détruit lorsque quelque chose ne se passe pas comme prévu.

Cette posture suppose également de laisser une place à l’enfant qu’il est réellement, plutôt qu’à celui que l’on aurait imaginé. Stéphanie d’Esclaibes cite à ce sujet une phrase d’André Stern (à écouter dans l'épisode sur l'enthousiasme de l'enfant), phrase qui résume bien cette idée : « Je t’aime parce que tu es comme tu es. » Accepter son enfant implique ainsi de prendre conscience de ses propres projections, attentes et inquiétudes.

Cela demande parfois au parent de revenir aussi à lui-même : comprendre ce qui lui appartient, ce qu’il projette sur son enfant et ce qu’il cherche à réparer ou à éviter à travers lui. C’est notamment tout l’enjeu de mieux se connaître soi-même pour accompagner son enfant, une question déjà abordée dans l'épisode sur qu'est-ce qu'être une bon parent avec Jérémy Charbonnel.

Le véritable pouvoir du parent n’est donc probablement pas de rendre son enfant heureux à sa place, mais de lui donner les ressources nécessaires pour construire son propre équilibre et sa propre manière d’être heureux.

Couverture du livre de Béatrice Millêtre, Comment élever un enfant heureux !

Comment élever un enfant heureux, Béatrice Millêtre, éditions DBS

De quoi un enfant a-t-il besoin pour grandir heureux ?

Face à la multitude de conseils éducatifs, il est facile de perdre de vue les besoins les plus simples. Béatrice Millêtre en distingue quatre qui participent à la construction de la sécurité intérieure de l’enfant :

  • l’amour inconditionnel ;

  • la confiance ;

  • les repères ;

  • le décryptage du monde.

Ils ne constituent pas une recette du bonheur, mais plutôt des fondations sur lesquelles l’enfant peut s’appuyer pour grandir, devenir autonome et affronter progressivement les difficultés.

Se sentir aimé et accepté tel qu’il est

Pour Béatrice Millêtre, parler d’amour inconditionnel revient avant tout à parler d’acceptation. Aimer son enfant ne consiste pas uniquement à éprouver de l’affection pour lui : c’est aussi l’accepter avec son caractère, son fonctionnement, ses forces et ses difficultés, y compris lorsqu’ils ne correspondent pas à ce que l’on avait imaginé.

Cette acceptation suppose notamment de distinguer l’enfant de ses actes. Une mauvaise note, une erreur ou un comportement qui nous déplaît ne remettent pas en cause sa valeur ni l’amour qu’on lui porte. L’objectif n’est pas de nier ce qui pose problème, mais de pouvoir chercher avec lui ce qui s’est passé et comment avancer autrement.

Cette posture peut être particulièrement importante lorsque l’enfant fonctionne très différemment de ses parents. Béatrice évoque notamment la diversité cognitive : être parent d’un enfant atypique, porteur d’un trouble du neurodéveloppement ou doté d’un cerveau à haut potentiel et hypersensible, peut demander de sortir davantage de ses propres repères. Accepter l’enfant tel qu’il est, c’est aussi reconnaître que sa manière d’apprendre, de ressentir ou d’interagir avec le monde n’est pas nécessairement la nôtre.

Pouvoir compter sur des adultes fiables

Un enfant n’a pas besoin que ses parents soient parfaits. Il a en revanche besoin de pouvoir leur faire confiance.

Pour Béatrice Millêtre, cette fiabilité passe notamment par une certaine cohérence entre les paroles et les actes. Lorsqu’une règle est annoncée mais jamais appliquée ou qu’une menace est régulièrement formulée sans être suivie d’effet, l’enfant apprend rapidement que la parole de l’adulte n’est pas toujours un repère sur lequel il peut s’appuyer.

Cette fiabilité a surtout une fonction sécurisante. L’enfant découvre progressivement un monde qu’il ne comprend pas encore complètement et il a besoin de savoir que les adultes qui l’accompagnent sont capables de lui offrir un environnement suffisamment stable et protecteur.

Être fiable ne signifie pourtant pas avoir toujours la bonne réaction. Un parent peut perdre patience, se tromper ou prendre une décision qu’il regrette ensuite. Il peut aussi le reconnaître et dire : « Je me suis trompé » ou « Je n’aurais pas dû te parler comme ça ». Béatrice Millêtre insiste sur la possibilité de s’excuser auprès de son enfant lorsqu’on a dépassé les limites.

La sécurité ne naît donc pas de la perfection parentale, mais d’une relation dans laquelle l’enfant sait qu’il peut compter sur l’adulte, même lorsque celui-ci fait parfois des erreurs.

Donner des repères qui évoluent avec l’enfant

Pour grandir sereinement, un enfant a également besoin de repères. Béatrice Millêtre préfère cependant ce terme à celui de « limites », qu’elle juge trop figé pour un être en développement.

Un enfant de trois ans ne peut pas traverser une rue seul. Quelques années plus tard, il pourra apprendre à le faire. Le rôle du parent consiste donc à proposer des règles adaptées à son âge et à ses capacités, puis à les faire évoluer progressivement.

Le cadre éducatif n’a ainsi pas vocation à maintenir l’enfant sous contrôle, mais à lui permettre de gagner peu à peu en autonomie. Une règle peut protéger lorsqu’il est petit, puis être assouplie lorsqu’il devient capable d’évaluer lui-même les risques.

Cela suppose également de donner du sens aux règles. Dire simplement « c’est comme ça » ne suffit pas toujours : lorsque cela est possible, l’enfant a besoin de comprendre pourquoi un comportement est attendu ou interdit, avec des explications adaptées à son âge. Béatrice rappelle d’ailleurs que :

« le sens, c'est indispensable pour certains, mais nécessaire à tous.»

Comment élever un enfant heureux : citation extraite de l'épisode du podcast Les Adultes de Demain avec Béatrice Millêtre

Écouter son enfant sans renoncer à son rôle de parent

Écouter son enfant ne signifie pas appliquer une méthode éducative toute faite ni répondre positivement à toutes ses demandes. Pour Béatrice Millêtre, il n’existe d’ailleurs pas de recette universelle :

« Je crois que la seule méthode possible c'est de regarder son enfant. Et je dis souvent aux parents que ce sont eux les meilleurs experts de leurs enfants, que nous, tous les professionnels, les enseignants, n'importe qui, on a une expertise sur des sujets, mais pas sur cet enfant-là. »

Écouter son enfant revient donc moins à lui donner raison qu’à chercher à comprendre ce qu’il exprime.

Un comportement qui déborde n’apparaît pas forcément sans raison. Fatigue, frustration, tension accumulée ou sentiment de ne pas être entendu peuvent s’exprimer de façon très vive, surtout chez un enfant qui ne dispose pas encore des mots ou des ressources nécessaires pour expliquer ce qu’il traverse.

Béatrice Millêtre prend notamment l’exemple de l’enfant qui se montre irréprochable toute la journée à l’école, puis explose une fois rentré chez lui. Elle compare ce relâchement au moment où un adulte rentre du travail et quitte enfin ses vêtements inconfortables pour enfiler un jogging : l’enfant aussi peut avoir besoin de souffler après s’être contenu pendant des heures.

Cela ne signifie pas que tous les comportements doivent être acceptés. En revanche, avant de sanctionner ou de chercher immédiatement à faire cesser le comportement, il peut être utile de se demander : qu’est-ce que mon enfant essaie de me dire ?

C’est aussi tout l’intérêt de mieux écouter les enfants : accueillir ce qu’ils expriment permet parfois de désamorcer les tensions plus efficacement qu’une réponse uniquement centrée sur l’obéissance.

Écouter suppose aussi d’aider l’enfant à mettre du sens sur ce qu’il vit. Comprendre ses émotions, les réactions des autres ou certaines situations qui le dépassent fait lui aussi partie de l’accompagnement parental. Béatrice Millêtre parle à ce sujet de « décrypter le monde », un rôle qui se poursuit bien au-delà de la petite enfance.

Aider son enfant à comprendre un monde qui peut l’inquiéter

Grandir aujourd’hui, c’est aussi être confronté très tôt à un monde complexe, parfois anxiogène. Actualité internationale, crise climatique, violences, inquiétudes des adultes : les enfants perçoivent beaucoup plus de choses qu’on ne l’imagine, sans toujours avoir les clés pour les comprendre.

Pour Béatrice Millêtre, le rôle du parent consiste alors à continuer à décrypter le monde, bien après les premières années de l’enfant. Lorsqu’il est petit, on lui montre spontanément ce qui l’entoure : un arbre, un animal, un objet. Mais ce travail d’explication devrait se poursuivre lorsqu’il grandit.

Décrypter le monde à hauteur d’enfant

Les relations sociales, les règles de l’école, les notes, l’attitude d’un enseignant, le travail des adultes ou encore les événements d’actualité ne vont pas de soi pour un enfant. Béatrice Millêtre insiste ainsi sur la nécessité de continuer à lui donner des clés de lecture :

« Il faut décrypter les relations sociales, il faut décrypter le rapport aux autres, il faut décrypter les notes à l’école […] Tout ça, il faut les aider à décrypter, ça vient pas tout seul. »

Cela vaut particulièrement lorsqu’une information peut lui faire peur. L’objectif n’est ni de lui cacher systématiquement ce qui se passe dans le monde, ni de l’exposer à des images ou des informations qu’il ne possède pas encore la maturité nécessaire pour mettre à distance.

Béatrice évoque ainsi des enfants convaincus qu’un événement violent vu à la télévision pourrait se produire immédiatement devant leur porte. L’enfant ne dispose pas toujours des repères géographiques, temporels ou statistiques permettant de relativiser ce qu’il voit.

Il est donc essentiel de parler de l’actualité aux enfants avec des mots adaptés à leur âge, en replaçant les événements dans leur contexte et en répondant à leurs questions. Pour Béatrice, des formats comme Arte Journal Junior peuvent notamment aider à rendre l’information plus accessible.

Décrypter ne signifie pas minimiser. Il s’agit plutôt d’éviter de laisser l’enfant seul avec des informations qu’il risque d’interpréter à partir de ses propres peurs.

Lui montrer qu’il peut agir sur le monde

Mais aider un enfant à comprendre le monde ne consiste pas uniquement à lui expliquer ce qui va mal.

Béatrice Millêtre invite également les parents à lui montrer ce qui fonctionne, ce qui est beau et les personnes qui agissent. Un monde traversé par des crises reste aussi un monde dans lequel des individus s’entraident, créent, soignent, protègent, inventent des solutions ou améliorent concrètement la vie des autres.

Cette manière de présenter la réalité permet d’éviter deux écueils :

  • nier les difficultés d’un côté ;

  • donner à l’enfant l’impression qu’il n’a aucune prise sur elles de l’autre.

Même une action minuscule peut l’aider à éprouver ce sentiment d’utilité. Béatrice prend avec humour l’exemple d’un enfant qui voudrait « sauver les hérissons » : s’il trouve du sens dans cette action, elle compte. À son échelle, il découvre qu’il peut participer au monde plutôt que seulement le subir.

Cette capacité à agir contribue elle aussi à la sécurité intérieure. L’enfant ne se représente plus uniquement le monde comme un lieu menaçant et imprévisible : il comprend progressivement qu’il peut y trouver sa place, faire des choix et contribuer à ce qui lui paraît important.

Finalement, grandir heureux ne suppose pas de croire que tout va bien, mais de pouvoir regarder la réalité sans perdre toute confiance dans l’avenir.

Couverture du livre de Gisèle George, Ces enfants malades du stress

Dans l’épisode, Béatrice Millêtre mentionne le livre de Gisèle George, Ces enfants malades du stress

Quand l’enfant ou l’adolescent ne va pas bien : écouter avant qu’il craque

Élever un enfant heureux ne signifie pas lui éviter toute période de mal-être. En revanche, cela suppose de prendre au sérieux ce qu’il exprime avant que la situation ne se dégrade.

Pour Béatrice Millêtre, les difficultés psychiques rencontrées aujourd’hui par de nombreux enfants et adolescents ne peuvent pas être considérées uniquement comme une succession de fragilités individuelles. Lorsque le mal-être touche une part importante d’une génération, il faut aussi interroger l’environnement dans lequel les jeunes grandissent :

  • l’école ;

  • les attentes sociales ;

  • l’incertitude face à l’avenir ;

  • ou encore le sentiment de devoir constamment s’adapter.

Les données récentes confirment que cette souffrance ne concerne pas quelques situations isolées. Selon l’enquête EnCLASS 2024, près d’un lycéen sur cinq présente un risque important de dépression et 20 % déclarent avoir eu des pensées suicidaires au cours des douze derniers mois. La santé mentale des filles reste par ailleurs globalement moins favorable que celle des garçons.

Cela ne signifie évidemment pas que tous les enfants vivent les mêmes difficultés, ni que chaque problème trouve son origine dans la société. Mais cette réflexion invite les adultes à écouter les signaux de mal-être avant d’attendre le point de rupture.

Béatrice Millêtre prend notamment l’exemple d’un enfant qui dit un matin : « Je ne peux pas aller à l’école. » La première réaction consiste parfois à répondre qu’il n’a pas le choix. Pourtant, derrière ce refus scolaire peuvent se cacher :

  • une anxiété importante ;

  • un épuisement ;

  • des difficultés relationnelles ;

  • ou les premiers signes d’une phobie scolaire.

Elle compare la souffrance psychique à une blessure physique : lorsqu’un enfant a une jambe cassée, personne ne lui demande de continuer comme si de rien n’était. Pourquoi attendre qu’il craque pour adapter son environnement ?

Cette vigilance vaut également à l’adolescence, une période où les jeunes doivent à la fois prendre leur autonomie et trouver leur place dans un monde qu’ils peuvent percevoir comme incertain.

Enfin, certaines difficultés scolaires ou relationnelles peuvent aussi être liées :

Là encore, l’enjeu n’est pas de poser soi-même un diagnostic, mais de ne pas banaliser ce que l’enfant raconte.

Prendre son mal-être au sérieux, chercher à comprendre ce qu’il traverse et solliciter de l’aide lorsque cela devient nécessaire participe aussi à cette sécurité intérieure : l’enfant sait qu’il n’a pas besoin d’attendre d’aller très mal pour être entendu.


Pour approfondir le sujet du mal-être chez les adolescents, vous pouvez écouter les épisodes sur :

Pour élever un enfant heureux, faut-il commencer par montrer que l’on peut soi-même être heureux ? 

Accompagner un enfant vers le bonheur ne passe pas uniquement par ce que l’on lui dit. Cela passe aussi par ce qu’on lui montre de la vie adulte.

Béatrice Millêtre invite ainsi les parents à sortir parfois du « costume de parent » : cette posture dans laquelle l’adulte devrait toujours savoir, toujours maîtriser, toujours garder la bonne distance. Un parent reste un être humain, capable de rire, de se tromper, d’être fatigué, triste ou débordé.

Reconnaître ses erreurs en fait aussi partie. Lorsqu’un parent a crié ou réagi trop vivement, il peut revenir vers son enfant, s’excuser et expliquer ce qui s’est passé. Béatrice insiste sur cette possibilité de dire simplement : « Je suis désolée, j’aurais pas dû, oui c’est moi qui ai tort. » Loin d’affaiblir l’autorité parentale, cette capacité montre à l’enfant qu’une relation peut supporter les erreurs et se réparer.

Il s’agit également de partager réellement la vie de son enfant : rire avec lui, s’intéresser à son univers, regarder parfois ce qu’il regarde, jouer avec lui ou découvrir ce qu’il aime. Avec les adolescents aussi, entrer ponctuellement dans leur monde permet de maintenir un lien et de continuer à apprendre d’eux.

Béatrice Millêtre revient finalement à des choses très simples : montrer à son enfant qu’on peut rire, l’écouter, prendre ses besoins au sérieux, passer du temps avec lui et lui donner du sens.

Le parent ne peut donc pas fabriquer le bonheur de son enfant. Mais il peut lui offrir quelque chose de précieux : un modèle d’adulte imparfait, vivant et suffisamment solide pour lui montrer que la vie peut aussi être joyeuse, intéressante et pleine de sens.

FAQ - Comment élever un enfant heureux ?

Est-ce aux parents de rendre leur enfant heureux ?

Non, pas au sens de lui garantir une vie sans frustration, sans échec ni difficulté. Le rôle du parent consiste plutôt à offrir à l’enfant :

  • un environnement suffisamment sécurisant ;

  • de la confiance ;

  • des repères ;

  • et une écoute qui lui permettront de développer progressivement ses propres ressources.

L’objectif n’est donc pas de fabriquer son bonheur à sa place, mais de l’aider à construire les bases qui lui permettront de trouver son propre équilibre.

Quels sont les besoins essentiels d’un enfant pour être heureux ?

Dans l’épisode, Béatrice Millêtre met en avant quatre besoins essentiels :

  • l’amour inconditionnel : l'enfant a besoin de se sentir aimé tel qu'il est ;

  • la confiance : l'enfant a besoin de pouvoir compter sur des adultes fiables ;

  • les repères : l'enfant a besoin de disposer d'un cadre compréhensible et évolutif ; 

  • le décryptage du monde : l'enfant a besoin d’être accompagné pour comprendre ce qui l’entoure.

Comment aider un enfant qui manque de confiance en lui ?

Il est important d’éviter de réduire sa valeur à ses résultats ou à ses réussites. On peut l’aider en lui montrant que l’erreur, l’échec ou les difficultés ne sont pas définitifs, qu’il peut demander de l’aide et qu’il possède des ressources pour avancer. Lui confier progressivement des responsabilités adaptées à son âge et valoriser sa capacité à agir peuvent également renforcer son sentiment de compétence.

Faut-il protéger les enfants des mauvaises nouvelles ?

Les protéger ne signifie pas forcément leur cacher tout ce qui se passe dans le monde. Il est surtout important d’adapter les informations à leur âge, de les remettre dans leur contexte et de répondre à leurs questions. L’enfant ne possède pas toujours les repères nécessaires pour prendre de la distance avec une information anxiogène. Mieux vaut donc l’accompagner dans sa compréhension que le laisser seul face à des images ou des événements qu’il risque d’interpréter à partir de ses peurs. C’est aussi tout l’enjeu de parler de l’actualité aux enfants avec des mots adaptés.

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