Adultisme : quel regard portons-nous sur les enfants ? Table ronde #274

Les enfants font du bruit, courent, pleurent, expriment parfois leurs émotions sans filtre et ne se plient pas toujours aux codes établis par les adultes. Des comportements inhérents à l’enfance qui semblent pourtant de moins en moins tolérés dans certains espaces de notre société. La montée des offres No Kids ou Adults Only, qui font désormais de l’absence d’enfants un argument commercial, a récemment cristallisé les débats. Mais au-delà de cette tendance, c’est plus largement notre rapport à l’enfance qui mérite d’être interrogé. Jusqu’à quel point attendons-nous des enfants qu’ils s’adaptent à un monde pensé par et pour les adultes ?

Cette question nous amène à celle de l’adultisme, un terme encore peu connu en France, qui permet de questionner les rapports de pouvoir entre adultes et enfants et la manière dont nous considérons leur parole, leurs besoins et leurs droits.

À l’occasion de l'événement Grandir ici, co-organisé avec Aurélie Grêlé-Rouveyre, Stéphanie d’Esclaibes a réuni autour de la table Joëlle Sicamois, directrice de la Fondation pour l’Enfance, Delphine Solière, directrice éditoriale chez Bayard Jeunesse et Milan, Vincent Lagarde, chercheur en entrepreneuriat à l’Université de Limoges et auteur d’une étude consacrée aux offres Adult Only et No Kids, et Tristan Debray, entrepreneur social et ancien conseiller municipal de Lyon délégué à la Ville des enfants.

Leurs regards croisés permettent de dépasser le seul débat autour du No Kids pour interroger nos représentations de l’enfance, la place accordée aux enfants dans notre société et les moyens de mieux faire cohabiter enfants et adultes.

Qu'est-ce que l'adultisme ?

L’adultisme désigne un rapport de pouvoir dans lequel les adultes, du fait de leur âge et de leur statut, imposent leurs normes aux enfants et accordent moins de valeur à leur parole, à leurs besoins ou à leur capacité à participer aux décisions qui les concernent. Il peut se manifester dans l’éducation, mais aussi dans l’espace public, les institutions ou plus largement dans la manière dont notre société considère les enfants.

Une notion proche apparaît d’ailleurs au cours de la table ronde : celle de misopédie. Vincent Lagarde explique avoir été sensibilisé à ce concept par Cécile Kovalshazy avant de commencer ses recherches sur les offres Adult Only et No Kids.
Si les deux termes interrogent notre rapport à l’enfance, ils ne recouvrent pas exactement la même réalité.

  • La misopédie désigne le mépris ou l’aversion envers les enfants.

  • L’adultisme renvoie plus largement à un rapport asymétrique entre adultes et enfants. Nul besoin, donc, de ne pas aimer les enfants pour reproduire des comportements adultistes.

Reconnaître ce rapport de pouvoir ne signifie pas davantage renoncer à éduquer les enfants, à leur transmettre des règles ou à poser des limites. La question est plutôt de savoir quelle place nous accordons à leurs besoins, à leurs émotions et à leur parole au sein d’une relation qui reste nécessairement asymétrique.

Pour Joëlle Sicamois, directrice de la Fondation pour l’Enfance : 

« on a énormément de mal à se dire, en France, que les enfants sont des êtres compétents, sont des êtres détenteurs de droits ».

Un constat qu’elle relie directement à notre conception de l’éducation. Sa finalité doit-elle être de faire obéir les enfants ou de les aider à devenir des individus capables de vivre en société, de dialoguer et de développer leur esprit critique ?

La question est d’autant plus importante que les enfants ne sont pas seulement des adultes en devenir. La Convention internationale des droits de l’enfant leur reconnaît des droits dès aujourd’hui, parmi lesquels celui d’exprimer leur opinion sur les décisions qui les concernent et de voir celle-ci prise en considération en fonction de leur âge et de leur maturité.

Interroger l’adultisme revient ainsi moins à remettre en cause le rôle des adultes qu’à questionner la manière dont ils exercent leur responsabilité auprès des enfants.

Comme l’évoque ci-après Tristan Debray, il existe quelques instances en France, comme les conseils municipaux d’enfants, d’adolescents, etc. qui permettent aux enfants de participer à la vie de la cité, de façon plus ou moins forte. Depuis plus de 20 ans, chaque année, se déroule également le Parlement des enfants à l’Assemblée nationale. Vous pouvez y participer avec votre classe de CM2 ou 6e.

Comment l'adultisme se manifeste-t-il dans notre société ?

L’adultisme ne se traduit pas nécessairement par des comportements ouvertement hostiles envers les enfants. Il peut aussi se glisser dans des habitudes, des attentes ou des représentations qui nous semblent naturelles parce qu’elles sont profondément ancrées dans notre société. Attendre d’un enfant qu’il contrôle ses émotions comme un adulte, considérer sa présence comme une nuisance ou penser un espace sans tenir compte de ses besoins en sont autant de manifestations possibles.

Des enfants jugés bruyants, capricieux ou mal élevés

« Les enfants sont bruyants, ils sont manipulateurs, ils font des caprices… »

Joëlle Sicamois énumère ces qualificatifs régulièrement associés à l’enfance et souligne qu’ils ne sont pas anodins. À force d’être répétés, ils contribuent selon elle à nourrir « une forme de peur, d’animosité envers les enfants » et parfois un sentiment de domination des adultes à leur égard.

La question de l’éducation cristallise particulièrement ces différences de perception. Des comportements aujourd’hui mieux compris grâce aux connaissances sur le développement et le fonctionnement cérébral des enfants continuent parfois d’être interprétés comme des signes de mauvaise éducation.

Joëlle Sicamois cite des situations familières : l’enfant qui se roule par terre parce qu’il veut un jouet, refuse de manger ses brocolis ou fait tomber dix fois sa cuillère depuis sa chaise haute. Les progrès des neurosciences permettent pourtant de mieux comprendre ses émotions et les raisons pour lesquelles il n’est pas encore capable de les réguler comme le ferait un adulte.

Il ne s’agit pas pour autant de renoncer à éduquer ou de supprimer toute règle. Arnaud Riou l'explique très bien dans l'épisode sur Poser un cadre éducatif en clarifiant ses limites avec bienveillance.

Pour la directrice de la Fondation pour l’Enfance, l’enjeu consiste davantage à interroger ce que nous attendons de l’éducation : « Est-ce que c’est de le faire obéir ? » Ou souhaitons-nous accompagner des enfants pour qu’ils deviennent capables de vivre en société, de dialoguer et de développer leur esprit critique ?

Quelles représentations des enfants dans notre culture ?

Notre regard sur les enfants se construit également à travers les récits et les représentations culturelles. Delphine Solière, directrice éditoriale chez Bayard Jeunesse et Milan, invite ainsi à remonter jusqu’aux Malheurs de Sophie de la comtesse de Ségur et à cette conception ancienne de l’éducation dans laquelle il fallait, selon ses mots, « dresser l’enfant ». Elle estime que la figure de l’enfant reste encore fréquemment associée, dans la fiction, à la difficulté, à la différence ou à des comportements problématiques.

Son observation invite surtout à nous interroger sur les récits que nous construisons autour de l’enfance. Les personnages de littérature jeunesse, de séries ou de films ne reflètent évidemment pas une unique représentation de l’enfant. La littérature jeunesse contemporaine offre aussi une grande diversité de personnages, de situations et d’émotions dans lesquels les jeunes lecteurs peuvent se reconnaître. Mais la fiction participe bien à façonner nos imaginaires, ceux des enfants comme ceux des adultes, et donc le regard que nous portons collectivement sur l’enfance.

Un paradoxe relevé par Delphine Solière est à ce titre particulièrement intéressant : tandis que certaines manifestations propres à l’enfance sont de moins en moins tolérées, les adultes se réapproprient volontiers des activités autrefois associées aux enfants. Le développement des kidultes, ces adultes consommateurs de jeux, jouets ou loisirs créatifs, en est l’illustration.

« À la fois, on rejette les enfants. En même temps, on n’a qu’une envie, c’est de piquer la spécificité des enfants », résume-t-elle.

Ces représentations de l’enfance sont d’ailleurs au cœur de plusieurs épisodes des Adultes de Demain, consacrés à l’influence de la littérature jeunesse sur les enfants et notre regard sur l’enfance, mais aussi aux bienfaits de la littérature jeunesse.

Du No Kids à la disparition des enfants de l’espace public

La tendance No Kids, notion déjà abordée au micro des Adultes de Demain avec Jean-Didier Urbain, constitue sans doute l’une des manifestations les plus visibles de cette difficulté à cohabiter avec les enfants.

Vincent Lagarde, chercheur en entrepreneuriat à l’Université de Limoges, rappelle toutefois que les offres Adult Only ne sont pas nouvelles. Ce qui change, selon lui, c’est leur affichage : l’absence d’enfants devient désormais un élément de segmentation marketing, voire une prestation premium pour laquelle certains clients sont prêts à payer davantage.

Le phénomène dépasse donc la seule question de savoir si certains adultes apprécient ou non la présence des enfants. La table ronde Grandir ici invite à inscrire la tendance No Kids et les raisons de son développement dans une réflexion plus large sur la visibilité des enfants dans notre société.

Car parallèlement, leur autonomie dans l’espace public a fortement reculé. Joëlle Sicamois cite une étude de l’ADEME sur la mobilité des enfants, selon laquelle seulement 9 % des enfants de CM2 effectuent aujourd’hui seuls le trajet entre leur domicile et leur école, contre 80 % à la fin des années 1980.

Elle évoque ainsi le développement des « enfants d’intérieur », qui passent davantage de temps chez eux et dont les relations sociales et les loisirs se déplacent en partie vers les écrans (cf. notre épisode avec Victor Fersing sur les enfants trop sédentaires).

Moins présents dans les rues, moins autonomes dans leurs déplacements, les enfants deviennent aussi moins visibles dans les espaces communs. Un constat qui pose une nouvelle question : à force de moins côtoyer les enfants au quotidien, avons-nous également perdu une partie de notre capacité à vivre avec eux ?

Les espaces publics ne sont plus pensés pour accueillir les enfants : baisse du nombre d'enfants qui se rendent seuls à pied à l'école

9 % des enfants de CM2 effectuent aujourd’hui seuls le trajet entre leur domicile et leur école, contre 80 % à la fin des années 1980 (source : ADEME) ©Hermaion

Pourquoi les adultes tolèrent-ils moins la présence des enfants ?

La progression des offres No Kids pourrait laisser penser à un rejet croissant des enfants. Pourtant, les échanges de la table ronde invitent à regarder le phénomène avec davantage de nuance. Derrière le besoin de calme exprimé par certains adultes se trouvent aussi l’épuisement parental, le manque de relais et une société dans laquelle enfants et adultes ont de moins en moins l’occasion de cohabiter au quotidien.

Des parents épuisés dans une société peu adaptée à la parentalité

Paradoxalement, les espaces sans enfants attirent aussi… des parents. Au cours de ses recherches, Vincent Lagarde dit avoir été surpris de rencontrer parmi les clients des offres Adult Only des familles, et notamment des mères, venues chercher un moment pour souffler. Certains professionnels lui auraient indiqué qu’elles pouvaient représenter, selon les périodes, une part non négligeable de leur clientèle.

« Ce ne sont pas que des gens qui n’aiment pas les enfants », insiste le chercheur. Ce sont aussi des adultes qui « ont besoin, à un moment donné, d’avoir du repos », dans une société où celui-ci finit parfois par être associé à l’absence d’enfants.

Les chiffres cités par Joëlle Sicamois permettent de comprendre cette fatigue :

  • 66 % des parents se disent parfois dépassés ;

  • plus de la moitié régulièrement en état d’épuisement ;

  • quatre parents sur dix déclarent avoir déjà renoncé à des opportunités professionnelles pour des raisons familiales.

Pour la directrice de la Fondation pour l’Enfance, les parents disposent également de moins de relais qu’autrefois. Les cellules familiales ont évolué, les grands-parents ou l’entourage ne vivent pas nécessairement à proximité et les possibilités de souffler ne sont pas accessibles à tous.

Dès lors, la recherche ponctuelle d’un lieu sans enfants ne traduit pas forcément une forme de misopédie. Elle peut aussi révéler une autre difficulté : celle d’une société qui demande beaucoup aux parents tout en leur offrant trop peu d’espaces, de temps et de soutien pour exercer leur parentalité sans s’épuiser.

A découvrir, notre épisode sur le syndrome du wonderparent avec Anne Peymirat. 

Une société vieillissante qui côtoie de moins en moins d’enfants

Vincent Lagarde avance une autre piste pour expliquer la moindre tolérance à l’égard de certains comportements infantiles : le vieillissement de la population. Il insiste cependant sur un point essentiel : il s’agit à ce stade d’une hypothèse de recherche, et non d’un lien démontré.

Son raisonnement est le suivant : à mesure que les enfants deviennent moins nombreux et moins visibles dans les espaces publics, les adultes pourraient perdre l’habitude de vivre avec eux. Leur bruit, leurs jeux ou leurs comportements seraient alors plus facilement interprétés comme des nuisances.

« Le fait d’avoir moins d’enfants au quotidien, qui deviennent en même temps invisibles […] ça fait qu’on ne s’habitue pas à vivre avec », avance-t-il.

Ce constat entre en résonance avec un autre paradoxe soulevé par Joëlle Sicamois. Selon les chiffres qu’elle cite, le taux de natalité se situe à 1,6 enfant par femme, tandis que le nombre d’enfants désirés atteindrait 2,27. Pour elle, c’est précisément cet écart qui mérite d’être interrogé : les futurs parents ne renonceraient pas nécessairement au désir d’enfant, mais pourraient considérer que les conditions économiques, professionnelles, sociales ou environnementales ne sont pas réunies pour concrétiser ce projet.

Mais une contradiction apparaît, illustrée par Joëlle Sicamois : 

« Nous continuons collectivement à présenter les enfants comme souhaitables et essentiels à l’avenir de la société, tout en tolérant parfois difficilement ce qui fait concrètement leur présence.  C'est-à-dire qu'autour d'eux, ces potentiels parents, ils vont entendre la famille, les amis dire : « Bon alors, quand est-ce que tu vas nous faire un enfant ? »

C'est cette fameuse phrase. Comme s'il suffisait de le dire, comme s'il suffisait de le penser parce que c'est quand même beau, les enfants. C'est magnifique, c'est la vie, c'est l'avenir.

Très bien, c'est l'avenir. Et puis, il y a un repas de famille. Et lors ce repas de famille, les enfants, dès qu'ils commencent à faire du bruit, dès qu'ils commencent à prendre un peu trop de place, on va leur dire : « Bon, allez, les enfants, allez dehors, poussez-vous, vous faites trop de bruit. »
Souvent, les grands-parents sont les premiers d'ailleurs, avec ce fameux : « Ils n'obéissent plus, ils ne sont pas éduqués. »

Et ça, ça infuse. Ce n'est pas forcément très conscient, ce n'est pas forcément très réfléchi, mais ça infuse dans cette génération qui se pose des questions. »

L’adultisme peut aussi se nourrir de cette distance : lorsque l’enfance devient moins présente dans notre quotidien, nous risquons d’attendre davantage des enfants qu’ils se conforment aux codes et au rythme du monde adulte.

Lutter contre l'adultisme : associer les enfants aux projets qui les concernent, comme ici, les rues des enfants à Lyon

Extrait du site : Mairie du 7e arrondissement de Lyon
Découvrez par exemple le
projet d’aménagement aux abords de l’école Marc Bloch dans le 7e arr. à Lyon

Comment lutter contre l'adultisme ?

Lutter contre l’adultisme ne consiste pas à inverser les rapports de pouvoir pour placer les enfants au-dessus des adultes. Il s’agit davantage de :

  • leur reconnaître une parole, des besoins et des droits propres ;

  • mais aussi de penser des espaces dans lesquels chacun peut trouver sa place sans que la présence des uns se fasse au détriment des autres.

#1 - Écouter les enfants et leur permettre de participer

Pour Tristan Debray, ancien conseiller municipal de Lyon délégué à la Ville des enfants, et qui avait présenté ce qui se passait à Lyon dans l'épisode sur la ville à hauteur d'enfant, la participation constitue l’un des leviers essentiels.

Il s’appuie notamment sur les travaux du chercheur italien Francesco Tonucci, pour qui une ville pensée à hauteur d’enfant est une ville plus adaptée à tous.

Cette participation ne doit cependant pas rester symbolique. Tristan Debray se montre ainsi très critique à l’égard de certains conseils d’enfants qui se limiteraient à mettre en scène de jeunes élus « avec des écharpes qui viennent poser sur les photos ». À ses yeux, les enfants doivent pouvoir prendre part aux décisions qui les concernent, débattre, proposer des projets et disposer de moyens leur permettant de les réaliser. À Lyon, certains conseils ont ainsi été dotés de leurs propres budgets.

Cette approche rejoint l’article 12 de la Convention internationale des droits de l’enfant, qui reconnaît aux enfants le droit d’exprimer librement leur opinion sur les questions qui les concernent. Mais surtout, elle invite les adultes à passer d’une logique où ils pensent systématiquement pour les enfants à une logique où ils apprennent aussi à construire avec eux.

#2 - Penser la cohabitation plutôt que l’exclusion

L’autre piste évoquée au cours de la table ronde consiste à mieux organiser la cohabitation entre les générations plutôt qu’à multiplier les espaces réservés à une seule catégorie de population.

Sur ce point, Tristan Debray reprend une idée centrale de Francesco Tonucci : « une ville adaptée aux enfants, c’est une ville adaptée à tous ». Élargir les trottoirs, sécuriser les abords des écoles, végétaliser les cours ou créer des espaces de repos à hauteur d’enfant bénéficie aussi aux personnes âgées, aux personnes en situation de handicap et, plus largement, à tous les usagers de l’espace public.

Vincent Lagarde observe également que certains professionnels du tourisme haut de gamme prennent le contre-pied des offres No Kids. Plutôt que d’exclure les familles, ils cherchent à adapter leurs espaces pour que les enfants puissent s’y exprimer sans empêcher les adultes de profiter des lieux.

Le chercheur évoque notamment la chronotopie : un même espace peut être pensé différemment selon les moments de la journée, avec des temps ou des usages distincts permettant à chacun de trouver son équilibre. Il souligne toutefois que la rentabilité de ces modèles favorables aux familles reste encore à objectiver par des données plus solides.

Enfin, la cohabitation ne profite pas uniquement aux enfants. Delphine Solière rappelle que leur présence permet aussi aux adultes de « revoir le monde avec une autre paire de lunettes » : regarder autrement son environnement, retrouver le plaisir du jeu ou multiplier les occasions de transmission entre générations.

Une idée déjà explorée dans un précédent épisode des Adultes de Demain avec Clémentine Beauvais: les adultes ont besoin des enfants, eux aussi, pour continuer à apprendre, à transmettre et à porter un autre regard sur le monde.

L’adultisme ne se résume ni à un rejet explicite des enfants ni à quelques espaces estampillés No Kids. Il se joue aussi dans nos habitudes, nos attentes et les normes adultes que nous considérons spontanément comme universelles.

Le combattre ne signifie pas idéaliser l’enfance, nier le besoin de règles ou oublier que les adultes ont eux aussi besoin de calme, de temps et d’espaces adaptés. Il s’agit plutôt de sortir d’un modèle dans lequel l’enfant est toujours celui qui doit s’adapter.

Écouter davantage les enfants, leur permettre de participer et organiser une véritable cohabitation entre les générations pourrait alors constituer une première étape vers une société dans laquelle leurs besoins et leur parole sont considérés comme pleinement légitimes.


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