Devenir père et apprendre à gérer ses émotions avec Guillaume Labbé

ans cet épisode de la série De l'enfant aux parents, l'acteur Guillaume Labbé revient sur son enfance, son rapport à l'école et son expérience de père. À travers ses doutes, ses colères, ses peurs et les défis rencontrés avec ses filles, il raconte comment la parentalité l'a conduit à apprendre à gérer ses émotions. Un échange sincère sur l'importance de mieux se connaître pour accompagner ses enfants avec plus de confiance et de sérénité.

NB : Cet article est un extrait reconstitué de l'interview. Seule l'écoute de l'épisode vous permettra d'avoir l'intégralité de l'échange.

Né à Paris, Guillaume Labbé a grandi en banlieue parisienne. Il est le troisième d'une fratrie de quatre enfants avec deux grands frères et une petite sœur. Sa mère, professeur de sport est devenue mère au foyer après la naissance de son premier enfant. 

Quels souvenirs gardes-tu de ton enfance au sein de cette grande tribu et de l'éducation reçue de tes parents ?

« C'était joyeux et ouvert. On avait des parents qui accueillaient énormément. On avait beaucoup d'amis qui venaient tout le temps. Je ne sais même pas comment ils faisaient, mais en vacances, on était quatre et on avait parfois jusqu'à quatre amis avec nous pendant quelques semaines.

J'ai le souvenir de beaucoup me marrer avec mes frères. Mes deux grands frères sont proches et ma sœur est arrivée cinq ans après moi. On faisait beaucoup de sport, on jouait énormément ensemble. J'étais assez fan de mes frères, surtout de mon frère aîné. Je le voyais vraiment comme mon idole. C'était le mec hyper drôle, hyper populaire.

Franchement, je garde un super souvenir de l'éducation que j'ai reçue. Ma mère était prof de sport avant de devenir mère au foyer. Quand j'avais 14 ou 15 ans, elle a repris des études de psychologie. Je pense qu'elle avait déjà cette fibre très psy. Comme elle avait travaillé avec des enfants, elle avait développé une vraie écoute. Elle nous écoutait beaucoup. On parlait beaucoup, on discutait beaucoup. Mon père aussi est très doux. Il discute.

J'ai un souvenir d'énormément de négociations. En même temps, on discutait beaucoup, donc on avait une grosse liberté. Une liberté qui peut être un peu flippante parfois, mais il y avait beaucoup de dialogue à la maison. »

Ta scolarité a été plus compliquée. Quel impact cela a-t-il eu sur ta confiance en toi ?

« Effectivement, je pense que ça a eu un impact sur la confiance en moi. Je ne sais pas où, mais c'est sûr.

J'ai sauté une classe, ce que je ne conseille pas trop, je crois. Et derrière, je l'ai redoublée en quatrième. Et cette année-là, c'était une année horrible.

Pour le coup, l'école, c'est le point noir. Même avec mes parents, c'était vraiment l'enfer. Le travail. Il y avait ma mère qui perdait patience très, très rapidement. Et je pense que j'étais horrible. Et elle, elle ne savait pas comment me prendre. J'ai des souvenirs d'elle me faisant bosser et de vraiment passer de très mauvais moments.

Mon père, qui est ingénieur, ne comprenait pas que je ne saisisse pas certains trucs ou que je n'aime pas les maths. J'ai le souvenir des dimanches soirs à ne pas avoir fait mon travail.

J'ai l'impression de ne pas avoir une grosse confiance en moi parce que je suis très souvent déstabilisé. J'arrive très souvent dans des situations en me disant : « il ne faut pas que les gens voient que je ne suis pas bon. »

Et pourtant, mes parents m'ont vraiment élevé avec la confiance. Jamais je ne me suis senti rabaissé, jamais ils ne m'ont dit : « Tiens, t'as raté parce que tu redoubles. » Ça n'a pas été un drame dans la famille.

Je n'ai jamais eu la sensation de ne pas y arriver. D'ailleurs, quand je travaillais pour le bac, je savais que je pouvais. J'ai eu mon bac avec mention alors que je m'attendais vraiment à avoir juste le rattrapage ou être tout juste.

Je pense que c'était davantage une question de motivation et de centre d'intérêt. Et encore aujourd'hui, j'ai du mal à savoir comment mon cerveau fonctionne. Je pense que je n'ai pas appris à apprendre. »

Apprendre à apprendre avec Grégoire Borst

Tu dis ne pas avoir appris à apprendre. Qu'aurais-tu aimé que l'école te transmette ?

« Pour le coup, dans l'éducation, je me dis que ça aurait été intéressant qu'il y ait des profs ou des cours qui nous apprennent à comprendre le fonctionnement de notre cerveau, qui nous expliquent comment apprendre à apprendre.

En fait, moi, il y a même un moment où je me suis dit, j'ai un vrai problème de mémoire globale. Par exemple, les apprentissages de texte sont incroyablement difficiles pour moi quand je suis seul. Au théâtre, ça se met dans le corps, on répète, on a du temps. Mais sinon, je me dis souvent : où est le chemin pour mon cerveau ?

À un moment, je me suis même demandé si j'avais un vrai problème de mémoire. J'ai une très mauvaise mémoire de mon passé. Je me suis demandé s'il y avait un lien avec le rugby. À mon époque, les KO, on les traitait différemment. J'en ai pris, et puis il y a tous les mini-KO dont on ne sait pas vraiment ce qu'ils produisent.

Mais il y a aussi un autre truc. J'ai lu le livre d'un homme devenu champion de France de mémoire alors qu'on lui répétait depuis toujours qu'il avait une mauvaise mémoire. Il expliquait des techniques très concrètes. Je les ai essayées et je me suis dit : « Mais c'est aberrant comme ça marche bien. »

Je me suis alors demandé pourquoi on ne nous apprenait pas ça à l'école. Pourquoi on ne nous donnait pas des techniques pour retenir un texte, mémoriser des mots ou comprendre comment on apprend.

Et puis il y a toutes les compétences qu'on n'enseigne pas. La gestion des émotions, la frustration, l'énervement. Avec mes filles, je le vois tous les jours. J'ai commencé à explorer ces sujets très tard. Pourtant, dans le monde dans lequel on vit, ça me paraît presque central. »

Gérer ses émotions : une compétence à apprendre à l'école notamment pour Guillaume Labbé qui regrette qu'on ne lui ai jamais appris à apprendre. Il a testé les techniques proposées par Sébastien Martinez dans son livre Une mémoire infaillible

Livre conseillé par Guillaume Labbé pour apprendre à mémoriser : Une mémoire infaillible de Sébastien Martinez

Avant d'avoir des enfants, quelle vision avais-tu de l'éducation ?

« Je me rappelle d'une discussion avec mon frère et ma belle-sœur avant d'avoir des enfants. Je leur disais qu'en fait, les enfants s'éduquent à notre contact, qu'on ne peut pas tout contrôler. Je pensais qu'il fallait faire confiance à l'instinct, faire au feeling, et que de toute façon, on allait leur transmettre nos névroses.

Et c'est tout l'inverse qui s'est passé. Mes filles sont arrivées et je me suis dit que je ne savais rien en fait.

Tout d'un coup, j'ai compris l'importance du cadre. Moi qui avais envie de leur laisser beaucoup de liberté, j'ai vu qu'à certains moments, ça les aidait. Ça les désangoissait.

La première, on a eu du mal avec le sommeil. On a vu une psychologue spécialisée. Et là, j'ai réalisé que beaucoup de choses que je faisais par instinct pouvaient aussi créer des difficultés.

Par exemple, j'adorais l'endormir dans mes bras, faire les siestes avec elle dans mes bras dès que je pouvais. Et puis elle avait besoin de se rendormir dans des bras la nuit. Le problème, c'est qu'après, toi, tu es épuisé, tu perds patience, tu es énervé. Alors qu'à la base, c'est une volonté d'amour.

Je crois que mon challenge aujourd'hui, c'est de comprendre qu'il y a aussi des moments où mon amour peut être trop. Pas nocif, le mot est énorme, mais de savoir à quel endroit il peut créer des choses dont elle aura ensuite du mal à se détacher.

C'est là où c'est intéressant qu'on te donne des clés. Parce qu'il y a plein de choses que je continue à faire par instinct et que je ne regrette pas du tout. Mais il y a aussi des moments où comprendre comment fonctionne un enfant aide à ne pas partir dans de mauvaises directions. »

À quel moment as-tu compris que devenir parent t'obligeait aussi à travailler sur toi-même ?

« Mon problème, c'est que je suis contrôlant. Et quand tu as des enfants, tu te rends compte qu'il y a plein de choses que tu ne peux pas contrôler.

J'ai aussi compris que beaucoup de difficultés ne venaient pas forcément d'elles, mais de moi. Par exemple, sur le sommeil, on a consulté une psychologue. À un moment, je culpabilisais énormément parce que je partais vivre à Bordeaux. Elle m'a aidé à comprendre que c'était surtout moi qui avais un problème avec ça.

Elle m'a dit quelque chose qui m'a marqué : « Vous passez beaucoup plus de temps avec vos enfants que 99 % des gens. » Et moi, je n'arrivais pas à le voir. Je me mettais une pression énorme.

Il y a aussi la colère. Avec mes filles, je me suis rendu compte que je leur demandais parfois de faire des choses que je ne savais pas faire moi-même. Je leur demande de se calmer alors que moi-même je n'y arrive pas toujours.

Mon risque, c'est de prendre sur moi trop longtemps. Je vais encaisser, encaisser, parce que je veux que tout se passe bien. Et puis tout d'un coup, ça explose. Donc aujourd'hui, j'essaie de reconnaître les moments où la fatigue monte, où l'énervement arrive. J'essaie de prévenir plutôt que de subir.

Parfois, je leur dis simplement : « Là, je n'y arrive pas. J'ai besoin de cinq minutes. » C'est difficile parce qu'elles peuvent le vivre comme un rejet. Mais j'ai compris qu'il fallait aussi accepter mes propres limites.

Je crois que la parentalité m'a obligé à regarder en face des choses que je pouvais éviter auparavant : ma colère, mes peurs, mon besoin de contrôle. Et à apprendre à vivre avec plutôt qu'à faire comme si elles n'existaient pas. »

Les propos de Guillaume Labbé font écho à ceux de Jérémy Charbonnel qui explique que pour être un bon parent, il faut déjà se connaître soi-même.

Gaston la licorne : livres et jeux pour apprendre à reconnaître et réguler ses émotions

Au cours de l’entretien, Guillaume Labbé fait référence à Gaston la licorne qui les aide, avec sa fille, à gérer les émotions.

Comment ton regard sur les punitions et le time-out a-t-il évolué ?

« Je me suis beaucoup intéressé à l'éducation positive. Pas juste à travers les réseaux sociaux, mais en essayant de comprendre d'où venaient ces approches et ce qu'elles apportaient réellement.

J'ai aussi lu Caroline Goldman quand elle est arrivée dans le débat. Je trouvais intéressant d'entendre des points de vue différents. À un moment, j'ai essayé certaines choses, notamment le time-out.

Et puis ma fille m'a arrêté net. Elle avait à peine 4 ans quand elle m'a dit : « J'en ai marre, il y a trop de punitions. »

Alors que j'avais l'impression qu'il n'y avait pas beaucoup de punitions.

Et ça m'a mis un énorme choc. Je me suis dit : mais c'est horrible. Elle a dit plein de trucs. Elle avait développé toute une réflexion sur ce qu'elle vivait. Donc, on a discuté avec elle. Et ce n'était pas juste un caprice. Et donc, je lui ai dit : ok, clairement, on arrête.

Je lui ai expliqué pourquoi je faisais certaines choses et ce dont j'avais besoin comme parent. Mais je lui ai aussi dit : « Ok, on arrête. ». Et c'est vrai que c'est mieux. C'est-à-dire que ça n'a pas du tout tout réglé. Il y a des trucs qui ressemblent vraiment à des time-out. Mais je ne le fais plus de la même façon. Je ne l'exclus pas d'une situation. Je ne la sors pas d'une situation.

Aujourd'hui, je ne fonctionne plus de la même manière. J'ai toujours besoin qu'il y ait des conséquences à ce qu'elles font, mais je ne cherche plus à les exclure d'une situation. Je veux qu'il y ait des conséquences à ce qu'elle fait.

Donc si effectivement elle ne s'habille pas le matin, je ne dis pas : « Ok, tu vas dans ta chambre. Quand tu auras compris qu'il faut t'habiller... » Parce qu'elle ne pourra jamais comprendre. Elle n'a pas la notion du temps qu'il fait. J'essaie de rester calme et de ne pas flipper à l'idée qu'elle prenne froid. Mais la fois d'après, elle peut se dire : quand je ne m'habille pas suffisamment chaudement, je vais avoir froid.

J'ai l'impression que ça marche mieux. Ce n'est plus une punition. C'est l'expérience qui lui permet de comprendre les conséquences de ses choix.  »

Gérer ses émotions en tant que parents pour accompagner au mieux ses enfants

Au cours de l’épisode, Guillaume Labbé fait référence à Catherine Gueguen dont la lecture des ouvrages l’a amené à évoluer notamment sur sa façon de gérer les moments de fortes émotions. Retrouvez le docteur Catherine Gueguen dans l’épisode au cours duquelle elle donne quelques éclairages sur Comment élever ses enfants.

Que t'ont appris tes filles sur les émotions ?

« La gestion des émotions, c'est probablement l'un des sujets qui m'a le plus fait évoluer depuis que je suis devenu père.

J'ai commencé à explorer ces questions assez tard. Avec le théâtre notamment. Et aujourd'hui, je me dis que c'est incroyable qu'on n'apprenne pas davantage aux enfants à gérer la frustration, l'énervement ou toutes ces compétences qui me paraissent pourtant centrales dans le monde dans lequel on vit.

Mais ce que mes filles m'ont surtout appris, c'est que je leur demandais parfois de faire des choses que je ne savais pas faire moi-même.

C'est le fameux : « Calme-toi ! Calme-toi ! » Alors que toi-même, tu es hors de toi et que tu n'arrives pas à te calmer.

Je me suis retrouvé à demander à ma fille de 4 ans de gérer une émotion que moi-même je continue parfois à avoir du mal à gérer. Alors que j'ai appris des techniques, que mon cerveau est mature et que malgré tout, je galère encore.

Il y a aussi cette tendance à avoir peur de certaines émotions chez nos enfants. Moi, je me rends compte que lorsque je suis triste, en colère ou traversé par une émotion forte, je sais que ce n'est pas dramatique. Mais chez mes filles, j'ai parfois ce réflexe de protection extrême qui me pousse à vouloir éviter qu'elles souffrent.

Avec le temps, j'ai compris que certaines émotions avaient simplement besoin d'être vécues.

Il y a des moments où je vois qu'une de mes filles est au bord des larmes. Avant, j'aurais probablement essayé de la calmer ou de trouver une solution. Aujourd'hui, je peux simplement lui demander :

« Est-ce que tu as besoin de pleurer ? »

Et parfois, elle se met à pleurer pendant quelques minutes dans mes bras. Puis ça passe. Elle repart jouer. Comme si cette émotion avait simplement eu besoin de sortir.

Ça m'a aussi appris qu'on ne peut pas toujours raisonner un enfant quand il est submergé par une émotion. Dans ces moments-là, il n'entend pas forcément ce qu'on lui dit.

Parfois, on essaye les respirations. On fait un jeu. On compte ensemble. Ça marche. Parfois pas du tout.

« En vrai, le seul truc, c'est le câlin et la laisser le temps de pleurer. »

Aujourd'hui, j'essaie davantage d'accompagner ces émotions que de les faire disparaître. D'être présent sans forcément chercher à régler le problème immédiatement.

Et finalement, je crois que mes filles m'ont appris quelque chose d'essentiel : avant d'aider un enfant à s'autoréguler, il faut souvent apprendre à reconnaître et à accueillir ses propres émotions.

Avec elles, j'ai aussi compris qu'on avait souvent des attentes d'adultes face aux émotions des enfants. On voudrait que tout soit maîtrisé, contenu, raisonnable. Mais en fait, les émotions débordent parfois. Même chez nous.

Quand je pars plusieurs jours en tournage et que je rentre à la maison, je sais qu'il y a souvent un moment où toute leur joie ressort sous forme de cris, d'agitation ou d'excitation. Avant, j'aurais peut-être voulu que ce soit un moment calme et parfait. Aujourd'hui, je comprends davantage que cette émotion a simplement besoin de sortir.

Nous, les adultes, faisons exactement la même chose. Quand on est très heureux, très excités ou très émus, il nous arrive aussi de déborder. Pourtant, avec les enfants, on voudrait parfois qu'ils restent dans des normes d'adultes auxquelles eux n'ont pas encore accès.

Mes filles m'ont aussi obligé à apprendre à me connaître et reconnaître tout d'un coup un énervement qui monte dû à la fatigue. Et de réussir à le prévenir. Aujourd'hui, j'essaie davantage de le dire : « je suis hors de moi. » Ou même : « ok, mais là, vraiment, j'ai besoin de cinq minutes de respiration parce que je n'y arrive pas. »

le plus dur pour moi, c'est quand je suis hyper énervé, je prends sur moi, donc on n'est pas d'accord et donc c'est un moment tendu. Et généralement, en plus, elles veulent des câlins. Et là, de réussir à les prendre dans les bras, de ne pas rejeter ce moment où il y a besoin d'être rassuré. Mais j'arrive quand même à apprendre maintenant de pouvoir dire… Il y a même des moments où j'ai dit : là, je ne peux pas.

La colère, c'est une émotion que j'ai beaucoup combattue. Et j'ai trouvé le sport, des sports de combat pour le transformer ou même l'écriture pour l'utiliser. Et en fait, je me suis quand même réconcilié. Je me rends compte de ce que ça m'apporte aussi, la colère. Pas la violence, mais la colère, l'énervement. Et je leur apprends de ne pas la combattre et de la laisser te traverser sans déborder sur les autres. »

Pour accueillir les sentiments des enfants (Faber et Mazlich) et comprendre leurs émotions, nous vous renvoyons aux épisodes respectifs de Roseline Roy et Héloïse Junier.

Quelles valeurs souhaites-tu transmettre à tes filles ?

« Il y a plusieurs choses qui me viennent.

Déjà, de ne pas être envahies par la peur. Pas de ne jamais avoir peur, parce que la peur est utile. Elle permet de survivre, elle permet parfois de se dépasser, elle nous pousse à agir. Mais j'aimerais qu'elles aient assez confiance en elles pour ne pas être paralysées par ce sentiment.

Qu'elles puissent se dire : « J'ai peur de cette situation, mais je vais mettre en œuvre des choses pour la traverser. »

La confiance en soi, c'est sans doute l'une des choses les plus importantes pour moi.

Je me pose aussi beaucoup de questions sur les relations humaines. Comme ce sont des filles, je pense forcément à leur futur rapport aux autres, aux hommes, à l'amitié, à l'amour.

Je me dis que si elles acceptent un jour des relations qui leur font du mal, on ne pourra pas être complètement innocents de ça. J'aimerais réussir à leur transmettre quelque chose qui leur permette de reconnaître les relations qui ne sont pas bonnes pour elles et de savoir s'en éloigner le plus tôt possible. Amicales ou amoureuses.

Au fond, je crois que ce que j'aimerais surtout leur transmettre, c'est une base suffisamment solide pour qu'elles puissent trouver leur chemin, quel que soit le monde dans lequel elles vivront.

Je ne sais pas quel monde elles auront. Je ne peux pas maîtriser ça. En revanche, je peux essayer de leur transmettre la confiance en elles, l'amour qu'elles se portent à elles-mêmes et la capacité à construire des relations saines avec les autres.

Et puis, si je devais résumer en quelques mots ce que je souhaiterais aux enfants d'aujourd'hui, les adultes de demain, ce serait principalement : « L'empathie, l'écoute et la gestion des émotions. »

De savoir accepter ses émotions. Ni les refouler, ni les laisser envahir les autres. Juste apprendre à vivre avec elles et à les gérer. »


En 2026, Guillaume Labbé, acteur français au cinéma, au théâtre et à la télévision, est au castin des séries Anaon sur France 2 et Le Diplôme sur TF1 et TF1+.

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Comment la littérature jeunesse influence les enfants, les parents, notre regard sur l’enfance ? avec Cécile Kovacshazy #268