Comment aider un enfant à croire en ses rêves avec Céline Steyer

Dans cet épisode de la série De l’enfant aux parents, Stéphanie d’Esclaibes reçoit Céline Steyer, fondatrice du podcast et média Nouvelles Héroïnes et autrice du livre éponyme chez Larousse Jeunesse. Derrière son engagement en faveur des jeunes filles et de la confiance en soi, il y a une histoire intime : celle de rêves brisés chez ses parents, d’une enfance sans violence, d’un rapport singulier à la différence, mais aussi d’une profonde volonté de transmettre à ses filles — et à tous les enfants — la liberté de croire en leurs rêves.
À travers son témoignage, Céline Steyer interroge le poids des injonctions familiales et sociétales, l’importance des modèles inspirants, et la manière dont on peut aider un enfant à grandir en confiance.

NB : Cette interview écrite est recomposée à partir des propos exacts de Céline Steyer.

En quoi les rêves brisés de tes parents ont-ils marqué ton enfance ?

« Mon père a grandi dans un univers entrepreneurial avec des parents qui ont construit, après la guerre, une entreprise : ils avaient plusieurs restaurants, ils avaient une usine familiale. Donc à Mulhouse, c’était une triperie et les abattoirs de Mulhouse. Et de l’autre côté, ma mère qui a grandi dans un foyer où sa mère était illettrée, était plutôt cachée, c’est-à-dire qu’elle ne sortait pas beaucoup. C’était vraiment une femme qui était cachée par mon grand-père qui lui était cheminot. Et ils ont vécu dans un environnement très protecteur où on ne va pas voir le monde, on ne se confronte pas au monde.

Et tous les deux avaient des rêves, mon père avait des ambitions, il avait ce rêve de devenir diplomate et de faire Sciences Po. Et ma mère, elle était excellente à l’école en français et en lettres anciennes, elle avait eu plusieurs prix et elle voulait devenir professeure à l’université. Et chacun, dans des milieux totalement différents, entrepreneurial et plutôt de la fonction publique, on leur a dit : non. Après le bac, on a dit à mon père, tu vas travailler à l’usine, tu reprends l’usine familiale et à ma mère, tu cherches un travail et donc, tu ne fais pas d’études.

Donc, tous les deux, ils avaient ce rêve brisé par un souci de transmission de l'univers familial pour mon père et du côté de mon grand-père et de ma mère, c'était plutôt ne te lance pas dans les études parce qu'il vaut mieux que tu gagnes très très vite de l'argent. 

Et en fait, ça s’est complètement ressenti dans leur façon ensuite de se développer. C’est-à-dire que mon père, je l’ai toujours vu, et il l’a toujours dit, comme un entrepreneur très maudit qui avait raté sa carrière professionnelle, qui n’avait pas fait ce qu’il avait envie de faire, qui n’avait pas réalisé ses rêves. Et ma mère aussi, un peu moins, mais en tout cas, ce regret de n’avoir pas fait d’études. Et ils l’ont vraiment complètement transmis à mon frère et moi. »

Quel message t’ont malgré tout transmis tes parents, sur le fait de croire en ses rêves ?

« On vous met une boîte à outils pour que vous réalisiez - lors, il ne verbalisait pas le terme rêve -, mais pour que vous fassiez ce que vous avez envie de faire, ce que vous aimez, et on sera là pour vous mettre cette boîte à outils pour que vous y arriviez.

Allez au fond de ce que vous avez envie de faire et on vous accompagnera et on mettra la boîte à outils. Je pense que c’était beaucoup plus du côté de mon père parce qu’il avait cette image de lui qui avait raté sa carrière professionnelle. Ma mère avait plus cet héritage de sécurité, on ne prend pas de risques. Mais comme ils n’avaient pas fait d’études, il fallait que nous, on fasse des études, mon frère et moi. »

Aider un enfant à croire en ses rêves - Podcast Nouvelles Héroînes de Céline Steyer

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Tu dis aussi avoir grandi sans violence. En quoi cela a-t-il compté dans ta construction ?

« J’ai le souvenir de mes parents qui racontaient les violences psychologiques et physiques qu’ils avaient vécues. Ma mère nous racontait des épisodes où elle était punie : mon grand-père prenait la voiture et il roulait, et ma mère courait derrière, et à chaque fois qu’elle approchait la voiture, il redémarrait. Et ça l’a marquée, parce qu’elle n’arrêtait pas de nous le dire.
Et mon père, c’était beaucoup de... claques. C’est une génération d’après-guerre où la claque était légion, la fessée aussi. Et moi, mon père, comme ses parents travaillaient beaucoup, il a très vite été en pensionnat, dans un pensionnat de garçons. On n’a jamais su, il ne nous l’a jamais dit, mais on sentait qu’il y avait des marques de cette période-là qu’il a très mal vécue, et il nous le disait verbalement : « je ne vous donnerai jamais de fessée ». Et ça, il nous l’a vraiment dit.

Et donc, on n’a pas eu de claque, de fessée, de punition, on n’a jamais été puni, on n’a jamais eu des mots plus forts que d’autres. J’ai jamais entendu mes parents se disputer. Il y avait une sorte d’alignement sur notre éducation. Il y avait une certaine pudeur. c’est un environnement très calme, très serein.

Et à l’époque, j’ai souvenir d’une amie qui était une excellente élève, et à chaque fois qu’elle avait une note moins bonne, sa maman la tapait avec une chaussure ou un talon de chaussure. Donc moi, j’avais conscience que j’avais des petites camarades qui subissaient ces violences, qui étaient des violences physiques et des violences psychologiques, et que nous, on était effectivement dans un environnement de confiance, alors je n’aime pas trop ce terme de bienveillance, mais en tout cas, qui était anti-punitif.

On a vraiment vécu, mon frère et moi, dans un environnement sain, serein, sans violence. »

Comment as-tu appris à vivre avec ta différence, et qu’est-ce qui t’a aidée à garder confiance ?

« À la naissance, je suis née avec une main gauche, qui a cinq doigts, mais tous n’ont pas grandi (agénésie), donc cela donne l’aspect d’une main mal formée. Et ce fut la surprise pour mes parents, qui tout de suite m’ont fait rencontrer des médecins à Paris, parce qu’ils avaient cette question : “Est-ce que ma fille pourra vivre une vie normale comme les autres enfants ?” C’est vraiment les termes qu’ils ont employés.
Et un médecin leur avait dit “Déjà, c’est un accident, ce n’est pas génétique.” Ensuite, votre fille a la pince, c’est-à-dire que je peux attraper un micro avec ma main gauche, je peux conduire. Il a dit : “elle pourra conduire, elle pourra faire du tennis, elle pourra faire plein de choses, parce qu’elle a cette pince, elle pourra manger, elle pourra couper sa viande”.

Et donc, à partir de ce moment-là, ils ont fait de cette main gauche un non-sujet. Ils m’ont vraiment élevée sans me mettre de barrière, notamment au niveau verbal. Par exemple, quand tu laces tes chaussures, ça pourrait être compliqué pour moi. Mais moi, je n’ai pas souvenir où mes parents me disaient « Je le fais à ta place, je t'aide. » J'ai appris à le faire avec mes deux mains. J’ai fait du ski, ma première leçon de ski, je l’ai eue à l’âge de quatre ans et j’avais qu’un bâton, parce que c’était peut-être plus compliqué à ce moment-là d’apprendre le ski avec les deux bâtons. J’ai fait du tennis, de la voile, j’ai coupé ma viande avant mes copines aussi. Donc ça a été vraiment un non-sujet et ça m’a aidée dans ma construction et dans la confiance en moi.

D’ailleurs, ils n’ont jamais utilisé le mot “handicap”. Jamais le mot “handicap” ni même le mot “différence”. »

Pourtant, le regard des autres a parfois été très violent. Comment l’as-tu vécu ?

« Oui, effectivement, j’ai 5 ans et je suis invitée à une fête d’anniversaire. Et il y a des filles qui sont plus grandes que moi, et qui, à un moment donné, m’appellent. Elles forment un cercle, elles me mettent au centre et elles me montrent du doigt en criant “sorcière, sorcière, sorcière”. Et à 5 ans, dans les années 80, l’imaginaire de la sorcière, c’est la sorcière de Blanche-Neige, avec son nez crochu qui est laide, qui fait peur. Et moi, j’étais plutôt la petite fille, toujours avec la frange à la Mafalda, le petit col Claudine, très petite fille modèle, et donc je n’ai pas compris. Et je revois tout à fait la scène. Je revois les murs… Donc oui, c’est traumatisant parce que je revis la scène.

Après cet événement, je n’ai pas caché ma main. Parce que moi, je ne comprenais pas, en fait, pourquoi on m’avait traitée de sorcière. Et donc, dans la cour, après cet événement, je n’ai jamais été montrée du doigt parce que les gens ont vu que je ne la cachais pas. Et peut-être que toi, quand tu m’as rencontrée pour la première fois, t’as pas vu tout de suite ma main, en fait. Parce que tu ne le vois pas. Parce que ça fait partie de moi et parce que je n’ai pas honte.

C’est vraiment dans le monde du travail qu’on a commencé à me dire à un premier entretien : comment vivez votre handicap ? Et moi, je n’ai rien compris. Quel handicap ? Mais vraiment, je sais, mais je ne comprends pas.

Et ensuite, effectivement, il y a ce petit copain, avec qui j’ai quand même passé plus d’un an, et qui me dit : “ben en fait, la chose qui me faisait honte, c’était ta main et ça me gênait”. Je ne te cache pas qu’à partir de ce moment-là, j’ai eu une baisse de confiance en moi et je ne faisais que remarquer les regards des autres sur ma main. J’ai commencé à la cacher ou je ne la montrais pas.

Donc ouais, là, il y a eu une grosse baisse de confiance jusqu’à ce que je rencontre mon conjoint, le père de mes filles, et qui m’a raconté récemment que lors de notre première rencontre, ma main était sous la table pendant quelques secondes et quand j’ai eu confiance en lui, je l’ai mise sur la table alors que je l’avais prévenu. Je lui avais dit : “écoute, je voulais juste prévenir que j’ai une main plus petite que l’autre”. Et lui m’a dit : “et donc et so what ?”.

Donc oui, il y a eu ce passage de manque de confiance où j’ai pris conscience que c’était plus les adultes, qui avaient ce regard en fait. »

Quel enfant étais-tu, et quels rêves avais-tu ?

« Je me souviens, je rêvais beaucoup devant la fenêtre de ma chambre. Je m’inventais des histoires. Alors j’avais plusieurs rêves et il y a un rêve qui était d’organiser des voyages pour les copines de ma mère. J’avais cette envie d’évasion, d’ailleurs et d’organisation. J’inventai. Ma mère cherchait des catalogues de voyages parce qu’à l’époque on n’avait pas du tout les voyagistes en ligne. On allait en agence de voyage pour partir en vacances et donc elle prenait tous les magazines de voyages. Et puis moi, quand ses copines venaient à la maison pour boire un café, je leur disais : “bon, alors là, vous voulez aller où ?” Et donc je leur inventais, un circui : c’était déjà une première histoire. Je m’inventais beaucoup d’histoires autour du voyage.

Après, j’ai voulu devenir journaliste et là, par contre, mes parents ont été plutôt dans la réserve. À l’époque, les journalistes étaient surtout pigistes, tu ne gagnais pas beaucoup d’argent. Donc ils ne m’ont pas du tout poussée là-dedans. Je voulais aussi devenir professeur de maths.

Ce sont des rêves très “métier” mais en tout cas, on avait ce prisme que le rêve, à l’époque, il catégorisait ton métier de plus tard : qu’est-ce que tu veux devenir plus tard ? Les adultes nous posaient toujours cette question : alors qu’est-ce que tu feras quand tu seras grand ? Et donc, on avait ce mécanisme, cette réponse un petit peu automatique de dire ben, je vais être professeur de maths, je vais être journaliste. »

À quel moment as-tu compris que les stéréotypes pouvaient abîmer la confiance en soi ?

« Pour la partie mathématique, c’est très simple. J’ai appris à devenir excellente en maths à l’école, en essayant d’être curieuse sur le monde. Donc, j’étais la première de classe, et j’avais toujours cette meilleure note en maths.

Mais, quelquefois, il y avait des plantages. Il y a des fois où je perdais un peu mes moyens, parce qu’il y avait de la géométrie dans l’espace par exemple. Et en fait, en classe, il y avait un garçon qui pouvait avoir une meilleure note que moi. Je voyais le garçon qui était félicité, et moi, du coup, qu’on ne félicitait jamais, parce que j’avais les meilleures notes précédemment.

J’ai été en un sens victime de la menace du stéréotype négatif, c’est-à-dire qu’on ne m’a jamais encouragée à continuer à faire des mathématiques. Quand j’avais une mauvaise note, on convoquait mes parents. Je n’en ai pas eu beaucoup en maths, mais à chaque fois, ça nécessitait une convocation des parents. Alors que les garçons, c’étaient toujours ceux qui étaient mis sur le piédestal, sur le podium. Et ça, ça a conditionné mon envie d’arrêter de faire des mathématiques et de ne pas me lancer dans cette voie. »

Qu’as-tu voulu transmettre à tes filles dans ton éducation ?

« Alors, effectivement, et quand on parle de ces questions d'éducation, tu n'es pas tout seul, parce que tu as aussi le papa . Et le papa n'a pas forcément eu le même héritage que moi. Il n'a pas eu la même éducation. Et donc, lui, il a été plutôt dans une éducation punitive, où les enfants ne sont pas, par exemple, conviés à table pour déjeuner avec les parents ; où, effectivement, il peut y avoir des fessées, des claques. Pour moi, c'était hors de question. Et donc, il y a une déconstruction du papa. Même si, moi, je suis très déconstruite, il y a une déconstruction du papa.

N’hésitez pas à écouter ou lire le témoignage de Cédric Rostein, aka Papatriarcat sur le fait d’être un père engagé, qui se défait de son héritage éducatif, tout comme celui de Noémie Fachan sur le fait de se libérer des injonctions parentales.

Moi, ce que je voulais vraiment, c'était de créer une relation. Et tu le dis souvent, de cette relation à hauteur d'enfant, c'est d'être à l'écoute des besoins de ma fille, de comprendre ce qui va pas, qu'elle exprime ses émotions, qu'elle exprime ses peurs, de l'accompagner dans son développement. 

Repenser la relation adulte-enfant, c’est ce que vous invite à faire David Dutarte, grand spécialiste francophone de Jesper Juul. Quant à l’éducation à hauteur d’enfant, Marion Cuerq en parle dans l’épisode sur l’éducation en Suède et Léa Johansen dans l’épisode sur la parentalité en Scandinavie.

Mon frère et moi n’avons pas eu une éducation punitive et violente, mais c’est pas pour autant qu’on avait des discussions sur ce qu’on ressentait, même à l’adolescence. Mon père, c'était quand même le papa du petit Nicolas : on était quand même dans un foyer patriarcal où, quand mon père rentrait le soir, il lisait le journal, maman préparait le repas, elle lui versait son verre de vin ou sa bière, elle travaillait à mi-temps et elle n'avait pas travaillé jusqu'à mes dix ans et c'était vraiment tout pour les enfants et le mari. 

Donc, il y avait quand même une notion très patriarcale que moi, je m’étais vraiment jurée et j’en avais parlé avec le papa, de ne pas reproduire. C’était vraiment de montrer à notre fille que le papa et la maman peuvent faire tout et la même chose, en fait. Et donc ça, c’était vraiment très clair.

Céline Steyer décrit une situation qui fait écho à l’épisode avec Fanny Vella sur la sensibilisation des enfants aux inégalités de genre, sujet qu’elle a illustré dans l’album Pourquoi papi ne fait pas la vaisselle ?


Mais moi, ce que je voulais, c’est vraiment cette relation et créer un dialogue avec Madeleine et ensuite avec Manon, ma deuxième fille. Et là, je le ressens. Madeleine, elle exprime plus facilement ses angoisses, ses peurs, ses doutes. Quand, tout d’un coup, elle a cette frustration, charge émotionnelle après l’école et tout d’un coup, elle se met à pleurer. Alors, tu la regardes, qu’est-ce qui se passe ? Il s’est passé quelque chose à l’école ? C’est vraiment dans le questionnement et à un moment donné, elle exprime pourquoi elle est comme ça. Et moi, c’est vraiment ce que je voulais. »

Pour accueillir les sentiments des enfants (Faber et Mazlich) et comprendre leurs émotions, nous vous renvoyons aux épisodes respectifs de Roseline Roy et Héloïse Junier.

Aider un enfant à croire en ses rêves : Culottées de Pénélope Bagieu qui a inspiré Céline Steyer pour le podcast Nouvelles Héroïnes

Pénélope Bagieu et ses livres Culottées T.1 et Culottées T.2 a inspiré Céline Steyer pour la création de son podcast Nouvelles Héroïness.

Pourquoi était-ce important pour toi de créer Nouvelles Héroïnes ?

« Pendant le confinement, je regarde ma bibliothèque où il y avait très peu de livres d’enfants et les seuls qu’il y avait, c’était des livres qu’on avait dû me donner avec L’âne Trotro, Petit Ours Brun. Je me dis : “c’est fou quand même, tous les personnages de livres jeunesse sont des personnages masculins”. Et moi, je n’avais pas envie que ma fille comprenne que dans notre société, le masculin l’emportait déjà sur le féminin à travers les livres jeunesse.

Donc je me suis emparée du livre des Culottées, donc c’est la BD de Pénélope Bagieu, dans laquelle elle raconte ses histoires de femmes d’hier. Donc elle raconte Joséphine Baker, elle raconte ces femmes. Comme Clémentine Delait aussi, qui est une femme à barbe. Et c’est l’histoire que j’ai choisi de raconter à Madeleine, qui n’est pas si innocente que ça, parce que Clémentine Delait, c’était une femme à barbe, donc c’est une femme qui avait cette particularité d’avoir une pilosité accélérée, et qui est née avec une différence.

Donc en fait, ça projetait un petit peu en moi ce que j’avais vécu, d’être née avec cette différence par rapport aux autres enfants. Et je le lis à Madeleine, qui a un peu plus d’un an, et qui sourit. Je pense qu’elle n’a pas compris l’histoire. Mais quand j’ai lu ça, il y a eu comme un déclic. Je me suis dit :” mais tiens, si Pénélope Bagieu, elle raconte des histoires, moi aussi je peux le faire”. Et en plus, j’ai envie de raconter ces histoires de femmes différentes, qui ont en fait tracé leur propre chemin, sans ces foutues injonctions de la société.

Et en sortant de la chambre de Madeleine, je dis au papa :”tiens, si je racontais des histoires aux enfants”. Et à ce moment-là, on chantait avec le papa. On avait un groupe de chants. Lui à la guitare et moi au chant. On se produisait dans des caves avant d’être maman. Et il me dit : “tiens, il y a un micro dans l’armoire. Commence à enregistrer”. Et c’est comme ça qu’est né le podcast Nouvelles Héroïnes. »

Quel message veux-tu transmettre aux enfants à travers ces récits ?

« Déjà, c’est important pour moi de raconter ces histoires de femmes, parce que tu as très peu, même si tu en as de plus en plus, des ouvrages qui racontent des histoires de femmes. C’est important d’en faire, d’avoir des profils très singuliers, très différents, auxquels les filles peuvent s’identifier.

Moi, c’est une question qu’on me pose, c’est-à-dire, mais est-ce que Céline, toi, t’as un modèle ? Est-ce que toi, t’as une héroïne ?
Et je leur réponds que c’est une question qui est difficile, parce que moi, je n’en ai pas. Moi, je veux qu’à partir de toutes ces histoires, vous construisiez votre propre modèle. Vous construisiez, vous, votre héroïne. Vous allez prendre le courage de celle-ci, la résilience de l’autre. Vous allez prendre le combat, ou les mots engagés de celle-ci, et voilà. Et ça, ça va vous construire, ça va vous aider à grandir en confiance, vous dire, ben, si elle l’a fait, moi, je peux le faire.

Elles sont là, vous pouvez pousser ces murs, vous pouvez dire non à toutes les injonctions de la société, vous pouvez sortir des cases dans lesquelles on essaye de vous mettre à l’école, dans la famille, parce que dans la famille, nos parents, ben, ils peuvent nous mettre dans ces cases. Non, tu seras médecin. Non, tu seras avocat. Et toutes ces cases, et dans la cour de récréation, qui est très importante, dans les cercles de copains, copines : non, vous dites non, et vous tracez votre propre chemin.

Voilà, c’est autant de champs des possibles qu’il est important pour moi de dire aux filles, tu es capable. Parce que les mots ont leur importance et c’est vraiment le message que je veux porter. »

Que souhaiterais-tu aux enfants d’aujourd’hui, les futurs adultes de demain ?

« D’être heureux, je pense qu’il y a ce sentiment, je pense qu’aujourd’hui on est une société qui a perdu cette sensation d’être heureux, d’être bien dans son corps, dans sa tête, sur cette terre, dans cet environnement. Moi, mon plus grand bonheur et mon plus grand rêve, ce serait que mes filles soient heureuses d’être ce qu’elles sont avec toutes leurs différences, leurs singularités, qu’elles soient elles et qu’elles soient vraiment heureuses. »

Aider un enfant à croire en ses rêves : sortir des injonctions pour lui permettre d’être lui-même

Le témoignage de Céline Steyer montre combien la confiance en soi d’un enfant se construit dans des détails qui n’en sont pas :

  • le regard posé sur lui ;

  • la place laissée à ses émotions ;

  • les mots qu’on emploie ;

  • la manière dont on accueille ses différences ;

  • mais aussi les récits auxquels il a accès pour se projeter.

Aider un enfant à croire en ses rêves, ce n’est pas seulement l’encourager à réussir. C’est aussi lui permettre de sortir des cases, des stéréotypes et des injonctions qui limitent son horizon. C’est lui transmettre qu’il peut tracer son propre chemin, à son rythme, avec ses singularités. À travers Nouvelles Héroïnes, Céline Steyer défend précisément cela : offrir aux enfants, et en particulier aux jeunes filles, des modèles variés pour nourrir leur confiance et élargir leur champ des possibles.

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Quelle place accordons-nous vraiment aux enfants dans notre société ? avec Sarah El Haïry #260