Quelle place accordons-nous vraiment aux enfants dans notre société ? avec Sarah El Haïry #261

Quelle est aujourd’hui la véritable place de l’enfant dans la société ? Si l’enfance est souvent présentée comme une priorité, la réalité semble plus nuancée. Dans l’espace public, dans les décisions politiques, dans le monde du travail ou même dans notre quotidien, les enfants restent encore trop souvent invisibles, peu écoutés, parfois même perçus comme des contraintes.

À travers cet échange avec Sarah El Haïry, haute commissaire à l’enfance, une idée forte se dessine : repenser la place de l’enfant ne relève pas uniquement de la politique, mais d’une transformation beaucoup plus profonde de notre regard collectif. « Ce n’est pas une politique publique seule. C’est une société entière qui doit bouger. »

Car derrière les enjeux de protection, d’éducation ou de parentalité, c’est bien une question de culture qui se pose : quelle valeur accordons-nous réellement aux enfants dans notre société ? Et surtout, sommes-nous prêts à construire un monde véritablement pensé à leur hauteur ?

La place de l’enfant dans la société, un révélateur de notre modèle collectif

La manière dont une société considère ses enfants en dit long sur ses priorités, ses valeurs et sa capacité à se projeter dans l’avenir. Interroger la place de l’enfant dans la société, ce n’est pas seulement parler d’éducation ou de protection : c’est questionner notre organisation collective dans son ensemble.

Comme le souligne Sarah El Haïry, l’enfance ne peut pas être pensée en silos, ni réduite à une seule politique publique. L’enfant est à la fois élève, citoyen en devenir, membre d’une famille, parfois patient, parfois engagé. Il traverse tous les espaces de la société. Pourtant, il reste encore trop souvent en périphérie des décisions qui le concernent.

L’enfant, encore trop souvent pensé comme une variable d’ajustement

Aujourd’hui, les enfants apparaissent encore comme les grands absents de nombreuses réflexions collectives. Qu’il s’agisse d’urbanisme, de transport, d’organisation du travail ou même d’offre culturelle, leur place semble secondaire, voire oubliée.

Dans l’espace public, par exemple, peu d’aménagements sont réellement pensés à leur hauteur. Le philosophe et spécialiste de l'urbanisme, Thierry Paquot, s'est d'ailleurs exprimé sur le sujet de la place des enfants dans la ville au micro du podcast Les Adultes de Demain.
Les villes deviennent de plus en plus complexes à vivre pour les familles, au point que certaines les quittent. Les interactions sociales elles-mêmes évoluent : les enfants sont parfois perçus comme des éléments perturbateurs plutôt que comme des membres à part entière de la société.

Ce constat se retrouve aussi dans certains phénomènes récents, comme le développement des lieux  qui interdisent l'accès aux enfants et donc aux familles, exemples de la fameuse tendance « no kids », illustrations d'une forme d’exclusion silencieuse. 

Derrière ces évolutions, une réalité plus profonde apparaît : les enfants sont encore trop souvent considérés comme une contrainte à gérer, une variable d’ajustement dans une société organisée avant tout pour les adultes.

Une société plus douce pour les enfants serait meilleure pour tous

Et si le problème venait moins des enfants que du regard que nous portons sur eux ?

« Si on pensait à leur hauteur, alors notre société, elle serait plus douce. Elle serait plus bienveillante. Mais pour tout le monde. »

Cette idée est centrale. Penser une société à hauteur d’enfant, ce n’est pas créer des espaces à part ou des dispositifs spécifiques : c’est transformer en profondeur notre manière d’organiser le collectif.

Des transports plus accessibles, des espaces publics plus sécurisés, des lieux de vie plus inclusifs, une meilleure écoute des besoins émotionnels et relationnels… Tous ces éléments, pensés pour les enfants, bénéficieraient en réalité à l’ensemble de la population.

Car une société qui fait de la place aux plus vulnérables — et les enfants en font partie — est aussi une société plus accueillante, plus apaisée et plus humaine.

C’est sans doute là l’un des enjeux majeurs soulevés dans cet échange : redonner une place centrale à l’enfance, ce n’est pas seulement mieux accompagner les enfants aujourd’hui, c’est aussi construire une société plus équilibrée pour demain.

Cofrade droits de l’enfant place de l’enfant dans la société

La Cofrade (Conseil français des associations pour les droits de l’enfant) rassemble de nombreuses organisations engagées pour mieux écouter, représenter et défendre les droits des enfants.

Pourquoi les enfants restent invisibles dans notre société

Si la question de la place de l’enfant dans la société revient aujourd’hui avec autant de force, c’est parce qu’un constat s’impose peu à peu : les enfants sont encore largement invisibles dans de nombreux espaces de la vie collective. Cette invisibilisation ne relève pas d’un seul facteur, mais d’un ensemble de mécanismes culturels, sociaux et organisationnels qui se renforcent mutuellement.

Le phénomène du « No Kids » et l’exclusion banalisée des familles

Ces dernières années, l’apparition de lieux « No Kids » — dans la restauration, l’hôtellerie ou le tourisme — a marqué un tournant symbolique. Derrière ces choix, parfois présentés comme des réponses à une demande de calme ou de confort, se cache en réalité une forme d’exclusion assumée des enfants et, par extension, des familles.

Pour Sarah El Haïry, cette tendance est particulièrement préoccupante :

« C’est une invisibilisation volontaire des enfants. »

Ce qui frappe, c’est la banalisation de ces pratiques. Comme elle le souligne, remplacer le mot “enfants” par n’importe quelle autre catégorie de population rendrait immédiatement la situation inacceptable. Pourtant, lorsqu’il s’agit des plus jeunes, cette exclusion semble encore tolérée, voire légitimée.

Ce phénomène révèle une évolution plus profonde de notre regard collectif : les enfants sont parfois perçus comme des nuisances, bruyants, dérangeants, incompatibles avec certains espaces. Une vision qui interroge directement la place que nous leur accordons dans notre société.

Des espaces publics rarement pensés à hauteur d’enfant

Au-delà de ces exemples visibles, c’est l’ensemble de notre environnement quotidien qui semble de moins en moins adapté aux enfants.

Dans les grandes villes notamment, l’espace public s’est progressivement éloigné de leurs besoins : circulation dense, manque de sécurité, absence d’aménagements adaptés… Résultat, les enfants gagnent en dépendance et perdent en autonomie. Aller seul à l’école devient plus rare, les espaces de jeu se réduisent, et les interactions spontanées disparaissent peu à peu.

« C’est comme si les enfants étaient des accessoires d’adultes. »

Cette phrase résume un sentiment largement partagé : la société est d’abord pensée pour les adultes, et les enfants doivent s’y adapter, plutôt que l’inverse.

Pourtant, les solutions existent et sont souvent simples : des trottoirs plus accessibles, des transports adaptés aux familles, des espaces de jeu intégrés dans les lieux de vie, des équipements à leur hauteur. Lorsque ces éléments sont présents, l’expérience change radicalement, pour les enfants comme pour les adultes. Tristan Debray était venu témoigner de l'impact des changements apportés aux abords des écoles pour développer une ville à hauteur d'enfants et Adriane van der Wilk travaille repenser les villes pour les enfants et leurs parents.

Une parole de l’enfant encore insuffisamment écoutée

L’invisibilisation des enfants ne se limite pas à l’espace physique : elle concerne aussi leur place dans les échanges, les décisions et les réflexions collectives.

Malgré les discours qui encouragent à « donner la parole aux enfants », celle-ci reste encore trop souvent symbolique. Leur point de vue est perçu comme naïf, peu construit, ou simplement secondaire.

« On pense que leur parole, elle est légère, elle n’est pas fondée. »

Or, ce regard est en grande partie hérité. Il repose sur une difficulté à se mettre réellement à hauteur d’enfant, à comprendre leur manière de penser, de s’exprimer et de percevoir le monde.

« En fait, ce n'est pas aux enfants de nous parler comme on a envie de les entendre. En fait, c'est à nous d'apprendre à écouter les enfants en fonction de leur âge. Et en fait, on ne fait pas cet effort. »

Autrement dit, écouter les enfants demande un effort : celui d’adapter notre posture, de nous former parfois, et d’accepter que leur parole ne prenne pas les mêmes formes que celle des adultes.

Des initiatives existent pourtant, comme les conseils municipaux d’enfants, la démocratie scolaire ou encore certains ateliers participatifs menés avec des entreprises. Lorsqu’on leur en donne réellement les moyens, les enfants apportent des contributions pertinentes, souvent très justes, et parfois étonnamment lucides.

Mais pour que cette parole prenne pleinement sa place, encore faut-il accepter de la considérer comme légitime.

Sur ce sujet, vous pouvez écouter l'épisode avec Clémentine Beauvais sur le vote des enfants, ainsi que celui sur la parentalité scandinave avec Léa Johansen, aka Manipani.

Place des enfants dans la société : les initiatives du Musée Rodin pour accueillir les enfants

Le musée Rodin propose des espaces pensés pour les enfants, notamment l’été. Cela permet aux familles de partager une expérience culturelle commune.

Violences, numérique, protection : ce que dit l’état de l’enfance aujourd’hui

Observer la place de l’enfant dans la société, c’est aussi regarder en face les réalités les plus difficiles. Derrière les discours, l’état de l’enfance aujourd’hui met en lumière des enjeux majeurs : violences, mutations liées au numérique, et limites de nos politiques de protection.

Ces sujets, parfois inconfortables, révèlent à quel point les enfants restent vulnérables, et combien leur protection nécessite une mobilisation bien plus large qu’on ne l’imagine.

La libération de la parole sur les violences faites aux enfants

Ces dernières années, un changement important s’est opéré : la parole des enfants — et des adultes ayant été victimes — se libère progressivement. Des affaires médiatisées, dans des institutions scolaires ou dans des cadres périscolaires, ont mis en lumière des violences longtemps tues. En 2019, la loi sur les violences éducatives ordinaires est enfin votée.

Pour Sarah El Haïry, ce phénomène ne signifie pas que les violences sont nouvelles, mais que la société commence enfin à entendre ce qui était auparavant ignoré :

« Les enfants ont toujours un peu parlé (…) mais les adultes n’avaient pas envie d’entendre. »

Aujourd’hui, certains tabous se brisent, notamment autour des violences sexuelles, souvent intrafamiliales ou commises par des personnes de confiance. La reconnaissance de l’enfant comme co-victime, notamment dans les contextes de violences conjugales, marque également une avancée importante.

Mais cette évolution s’accompagne d’un constat difficile : si la parole émerge, c’est aussi parce que les situations restent nombreuses. La protection de l’enfance ne peut donc pas se limiter à des dispositifs juridiques ; elle suppose une transformation plus profonde de notre capacité à écouter, croire et agir.

Le numérique, entre progrès et nouveau terrain de prédation

Parmi les défis contemporains, le numérique, ses enjeux et ses usages occupent une place centrale. Il représente à la fois un formidable outil d’apprentissage, de lien et d’ouverture au monde, mais aussi un espace de risques accrus pour les enfants.

Le développement des réseaux pédocriminels en ligne, l’exposition à des contenus violents ou inappropriés, ou encore l’utilisation de technologies comme l’intelligence artificielle pour produire des images à caractère sexuel impliquant des mineurs illustrent une évolution inquiétante.

Sarah El Haïry alerte sur cette réalité :

« L’enfant, son corps, devient un objet de prédation. »

Le numérique change profondément la nature des menaces auxquelles les enfants sont exposés : les contenus et pratiques à risque deviennent plus accessibles, plus diffus et plus difficiles à contrôler. Face à cela, la réponse ne peut pas être uniquement répressive : elle doit aussi être éducative, préventive et collective. Elle passe notamment par une éducation au numérique, comme celle menée par Amelia Matar.

Accompagner les enfants dans leurs usages numériques, former les adultes, responsabiliser les plateformes : autant de leviers indispensables pour faire du numérique un espace de progrès plutôt que de danger.

Pourquoi protéger l’enfance ne peut pas relever d’un seul ministère

Face à ces enjeux, une question revient régulièrement : faut-il un grand ministère de l’enfance ? Si l’idée peut sembler séduisante, elle ne suffit pas à elle seule à transformer la réalité.

Comme l’explique Sarah El Haïry, la protection de l’enfance est par nature transversale. Elle concerne l’éducation, la santé, la justice, les collectivités territoriales, mais aussi le monde associatif et les familles. Aucun acteur, à lui seul, ne peut répondre à l’ensemble des besoins.

« Ce n’est pas une politique publique seule. C’est une société entière qui doit bouger. »

L’enjeu n’est donc pas uniquement institutionnel, mais organisationnel et culturel. Il s’agit de coordonner les actions, de décloisonner les approches et surtout de partir des besoins réels de l’enfant, plutôt que des logiques administratives.

Penser la protection de l’enfance à 360°, c’est reconnaître que chaque enfant est à la fois élève, citoyen, membre d’une famille, et parfois en situation de vulnérabilité. C’est aussi accepter que les réponses doivent être adaptées à chaque étape de son développement.

Plus qu’une réforme structurelle, c’est donc une transformation globale de notre manière de penser l’enfance qui est en jeu.

Faire de l’enfance une priorité : une responsabilité bien plus large que la seule politique

Si les constats sont parfois préoccupants, ils ouvrent aussi une réflexion essentielle : comment redonner une véritable place à l’enfant dans la société ? Pour Sarah El Haïry, la réponse ne peut pas être uniquement institutionnelle. Elle repose sur une idée centrale : celle d’une coalition collective, où chacun — pouvoirs publics, parents, entreprises, citoyens — prend sa part.

« Ce n’est pas une politique publique seule. C’est une société entière qui doit bouger. »

Autrement dit, faire de l’enfance une priorité ne se décrète pas. Cela se construit, dans tous les espaces de la vie sociale.

Soutenir les parents pour mieux protéger les enfants

Parmi les leviers essentiels, le soutien à la parentalité occupe une place centrale. Car accompagner les parents, c’est directement agir en faveur du bien-être des enfants.

Aujourd’hui, beaucoup de parents se sentent démunis, isolés, ou soumis à des injonctions contradictoires. Il leur est souvent demandé d’être à la fois pleinement investis dans leur vie professionnelle et disponibles en permanence pour leurs enfants, sans toujours disposer des ressources nécessaires.

« On vous demande d’être un parent comme si vous ne travailliez pas, et un collaborateur comme si vous n’aviez pas d’enfant. »

Cette tension génère une charge mentale importante, qui peut fragiliser les équilibres familiaux. Dans ce contexte, le rôle de la puissance publique est clair : rendre accessibles des outils, des ressources, des espaces d’échange, et normaliser le fait de demander de l’aide.

Des initiatives associatives et des ressources pédagogiques accessibles se développent aujourd’hui pour accompagner les parents, quels que soient leur parcours ou leur environnement.

Le rôle des entreprises, des lieux de vie et des acteurs économiques

Mais la responsabilité ne s’arrête pas aux familles. Le monde économique a lui aussi un rôle déterminant à jouer dans la place accordée aux enfants dans notre société.

De plus en plus d’entreprises prennent conscience de l’impact de la parentalité sur la vie professionnelle : équilibre des temps de vie, organisation du travail, marque employeur… Mais au-delà de ces enjeux, il s’agit aussi de reconnaître que devenir parent est une étape structurante, qui mérite d’être accompagnée.

Cela passe par des politiques internes plus adaptées, mais aussi par une transformation des lieux de vie et de consommation. Restaurants accueillants, transports pensés pour les familles, espaces publics inclusifs, équipements adaptés aux enfants : autant d’aménagements qui facilitent le quotidien et contribuent à une société plus accessible.

Certaines initiatives montrent déjà la voie : des industriels qui réfléchissent à intégrer des sièges auto dans les véhicules, des lieux culturels qui proposent des espaces adaptés aux enfants, ou encore des entreprises qui impliquent directement les enfants dans leurs réflexions, comme Bouygues Télécom sur les usages du numérique.

Ces évolutions, lorsqu’elles sont pensées de manière globale, participent à transformer durablement le regard porté sur l’enfance.

Construire une véritable culture de l’enfance

Au-delà des dispositifs et des aménagements, c’est une transformation culturelle qui est en jeu. Faire de l’enfance une priorité, c’est changer notre manière de considérer les enfants au quotidien.

Cela suppose de remettre en question certaines représentations : l’enfant « bruyant », « envahissant », « mal éduqué ». Mais aussi d’accepter de les voir comme des individus à part entière, porteurs de droits, de besoins et d’une parole légitime.

C’est aussi intégrer les enfants dans tous les espaces de la société, sans les reléguer à des lieux spécifiques. Penser des environnements adaptés à tous les âges, créer des espaces partagés, favoriser les interactions entre générations.

« Un enfant n’est jamais une nuisance si c’est pensé pour lui. »

Finalement, construire une culture de l’enfance, c’est faire le choix d’une société plus inclusive, plus attentive et plus consciente de ses responsabilités. Une société qui ne considère plus les enfants comme une contrainte, mais comme une richesse essentielle.

Quelles initiatives peuvent faire évoluer concrètement la place de l’enfant dans la société ?

Face aux constats parfois préoccupants sur la place de l’enfant dans la société, de nombreuses initiatives émergent pour faire évoluer les pratiques et les mentalités. Ces actions, portées par des acteurs variés, montrent qu’il est possible de transformer concrètement le quotidien des enfants et des familles, sans attendre une réforme globale.

Choix des familles : valoriser les lieux réellement accueillants

Parmi ces initiatives, la plateforme Le choix des familles, portée par Sarah El Haïry, vise à mettre en lumière les lieux véritablement accueillants pour les enfants.

L’idée est simple : permettre aux parents de partager et de valoriser les espaces — restaurants, hôtels, lieux culturels, structures de loisirs — qui prennent réellement en compte les besoins des enfants. À l’inverse des pratiques d’exclusion, comme les lieux « No Kids », cette démarche encourage une dynamique positive.

En rendant visibles ces lieux « kids-friendly », l’objectif est aussi d’inciter d’autres acteurs à évoluer. Car accueillir les enfants ne relève pas uniquement d’une intention, mais d’aménagements concrets : espaces adaptés, équipements à leur hauteur, attention portée aux familles.

À terme, cette initiative pourrait contribuer à transformer en profondeur l’offre touristique et culturelle, en faisant de l’accueil des enfants un véritable critère de qualité.

Papoto : rendre les ressources parentales plus accessibles

Autre exemple marquant : les actions menées par l’association Papoto, qui œuvrent pour un accompagnement plus accessible et inclusif des parents.

À travers des contenus pédagogiques diffusés largement, y compris dans différentes langues, Papoto permet de démocratiser des connaissances essentielles sur le développement de l’enfant. Cette approche universelle est particulièrement précieuse dans une société où les ressources ne sont pas toujours réparties de manière équitable.

En donnant aux parents des clés concrètes pour mieux comprendre les besoins de leurs enfants — sur le plan émotionnel, cognitif ou relationnel — ces initiatives contribuent à prévenir certaines difficultés, et à renforcer les compétences parentales sans jugement.

Elles participent aussi à lever un tabou encore présent : celui de demander de l’aide. Car accompagner les parents, c’est aussi reconnaître que l’éducation est un chemin, parfois complexe, qui mérite d’être soutenu.

Conseils d’enfants, démocratie scolaire, ateliers participatifs : écouter enfin les enfants

Enfin, certaines initiatives visent directement à redonner une place à la parole des enfants dans la société.

Les conseils municipaux d’enfants, les dispositifs de démocratie scolaire ou encore les ateliers participatifs organisés par certaines entreprises montrent qu’il est possible d’impliquer les plus jeunes dans les décisions qui les concernent.

L’exemple d’ateliers menés avec des enfants sur les usages du numérique, notamment par Bouygues Télécom, illustre bien cette évolution. En prenant le temps de les écouter, en s’adaptant à leur manière de s’exprimer, ces démarches permettent de recueillir des points de vue souvent pertinents, parfois surprenants.

Mais pour que cette participation soit réellement effective, elle suppose un changement de posture des adultes : accepter de ne pas être les seuls détenteurs du savoir, et reconnaître la légitimité de la parole des enfants.

Repenser la place de l’enfant dans la société, ce n’est pas seulement améliorer les politiques publiques ou renforcer les dispositifs de protection. C’est engager une transformation plus profonde, qui touche à nos représentations, à nos habitudes et à notre manière de vivre ensemble.

Car derrière chaque aménagement, chaque initiative, chaque évolution législative, se joue une question essentielle : quelle importance accordons-nous réellement aux enfants dans notre société ?

Faire une place aux enfants, c’est aussi accepter de ralentir, d’écouter autrement, de concevoir des espaces plus inclusifs, de soutenir davantage les parents, et de reconnaître les enfants comme des individus à part entière.

C’est, en somme, faire le choix d’une société plus attentive, plus équilibrée et plus humaine.

Et peut-être que tout commence par cela :

« Qu’on les voie. Qu’on les voie vraiment. »

Les liens sur les livres sont affiliés auprès de Amazon. Le livre n’est pas plus cher pour vous, mais il permet de percevoir une petite commission pour Les Adultes de Demain. Cela nous aide à continuer ce partage de contenus.

Nos réseaux sociaux :

Notre site web : https://www.lesadultesdedemain.com/

Instagram : https://www.instagram.com/lesadultesdedemain/

Facebook : https://www.facebook.com/lesadultesdedemainpodcast

Nous écouter

Apple podcast : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/les-adultes-de-demain/id1498741069

Spotify : https://open.spotify.com/show/2ZWIN9YMWh2FySlssutoK1

Deezer : https://www.deezer.com/fr/show/859442#:~:text=Les%20Adultes%20de%20Demain%20est,si%20inspirant%20de%20sa%20m%C3%A8re.

Pour nous soutenir, n’hésitez pas à nous laisser vos avis sur Apple Podcast ou Spotify et abonnez-vous à notre chaîne Youtube pour ne plus rater aucun épisode !

Suivant
Suivant

Les écrans, ça s’apprend avec Amélia Matar #260