Comment accompagner la motricité de son bébé au quotidien ? #284

Accompagner la motricité de son bébé ne consiste ni à accélérer ses acquisitions ni à multiplier les activités d’éveil. Il s’agit surtout de lui offrir du temps, un environnement sécurisant, des occasions de bouger et des interactions, tout en respectant son propre rythme.

La motricité se construit en effet à la rencontre de plusieurs éléments : les capacités propres de l’enfant, son environnement et les expériences qu’il vit au quotidien. Se retourner, ramper, s’asseoir ou marcher ne sont donc pas des cases à cocher le plus vite possible.

« L’environnement, c’est le premier partenaire de jeu du bébé. » — Aude Buil, chercheuse psychomotricienne.

Alors faut-il stimuler son bébé ? Le laisser faire seul ? L’installer au sol ? À quel âge s’inquiéter s’il ne marche pas encore ? Aude Buil, spécialiste de la périnatalité et des soins développementaux et Charlotte Ribeyron, fondatrice de Mezamé Paris, reviennent sur les repères utiles pour accompagner le développement moteur sans céder à la course aux acquisitions.

Comment se développe la motricité du bébé ?

La motricité ne se résume pas à une succession d’étapes

Quand on parle de motricité du bébé, on pense souvent aux grandes acquisitions visibles : tenir sa tête, se retourner, s’asseoir, se déplacer, puis marcher. Pourtant, le développement moteur ne suit pas une simple liste d’étapes qu’il faudrait franchir les unes après les autres.

À la naissance, les mouvements du bébé sont d’abord largement réflexes. Puis, à mesure que son système nerveux mûrit et qu’il accumule des expériences, ses mouvements deviennent progressivement plus volontaires et mieux coordonnés. Mais cette évolution ne se fait pas indépendamment du reste de son développement.

La motricité évolue en interaction avec :

  • le développement sensoriel ;

  • le langage et la communication ;

  • les dimensions psycho-affectives ;

  • les expériences vécues par le bébé dans son environnement.

« L’acquisition de la motricité, ça ne se résume pas à une checklist de compétences. » — Aude Buil

Il n’est donc pas très pertinent de regarder uniquement si un bébé a acquis telle ou telle compétence à un âge précis. Ce qui compte aussi, c’est la manière dont il explore, expérimente, coordonne progressivement ses mouvements et interagit avec ce qui l’entoure.

Quels sont les trois piliers du développement moteur du bébé ?

Pour Aude Buil, le développement moteur et psychomoteur du bébé repose sur trois grands piliers :

  • le bagage génétique, qui influence notamment la maturation neurologique ;

  • l’environnement, à la fois matériel, physique et humain ;

  • les expériences du bébé, c’est-à-dire ce qu’il va pouvoir tester, répéter et découvrir par lui-même.

Autrement dit, le parent ne « fait » pas acquérir une compétence motrice à son enfant. En revanche, il peut créer les conditions qui lui permettent de bouger, d’explorer et d’expérimenter à son rythme.

C’est cette interaction constante entre ce que le bébé possède déjà, ce que son environnement lui propose et ce qu’il en fait lui-même qui construit progressivement sa motricité.

Changer la couche d'un bébé : Et si on le basculait sur le côté plôt que de lui soulever les fesses ? Comment accompagner la motricité du bébé au quotidien ?

Aude Buil conseille de basculer le bébé sur le côté lorsqu’on lui change la couche pour qu’il expérimente et engramme un mouvement qui lui sera utile pour se retourner.

Faut-il stimuler son bébé pour l’aider à progresser ?

Oui, si l’on entend par « stimuler » lui offrir des expériences variées et des occasions de bouger.
Non, s’il s’agit de multiplier les exercices ou de chercher à lui faire acquérir plus vite une compétence.

Le développement moteur ne se construit pas uniquement pendant des temps d’éveil spécialement organisés. Le quotidien fournit déjà de nombreuses occasions au bébé de ressentir son corps, d’ajuster ses appuis et d’expérimenter des mouvements.

Le prendre dans les bras, le reposer, l’habiller, le déshabiller, le changer ou encore le mettre dans le bain sont autant de situations dans lesquelles il vit des expériences motrices.

« Ce n’est pas militaire, ce n’est pas la gym, ce n’est pas l’entraînement, ce ne sont pas des exercices », explique Aude Buil.

L’enjeu n’est donc pas de lui « apprendre » à se retourner, à s’asseoir ou à se déplacer, mais de lui faire vivre des mouvements qu’il pourra ensuite retrouver par lui-même lorsqu’il sera prêt.

Aude Buil donne notamment l’exemple du change. Plutôt que de soulever systématiquement les jambes du bébé, le faire passer par le côté lui permet d’expérimenter un mouvement qu’il utilisera ensuite naturellement lorsqu’il commencera à se retourner.

Pour la psychomotricienne, ces expériences laissent également une trace dans le cerveau :

« Le cerveau fait à ce moment-là ce qu’on appelle un engramme, c’est-à-dire que le cerveau est capable d’enregistrer le schéma moteur qu’il vit quand on le fait vivre au bébé ou quand lui-même le met en route. »

Autrement dit, en vivant plusieurs fois un mouvement, le bébé en construit progressivement une représentation motrice qu’il pourra mobiliser lorsqu’il sera en mesure de réaliser lui-même ce geste. Cette notion d’engramme fait notamment écho au travail autour des réflexes archaïques. Ces réflexes participent aux premières expériences motrices du tout-petit ; certains professionnels proposent de revenir sur certains schémas moteurs plus tard au cours du développement lorsqu’ils estiment qu’ils n’ont pas été suffisamment intégrés.

Le geste du quotidien est donc l'occasion d’enrichir l’expérience corporelle du bébé, sans se transformer pour autant en séance d’exercice.

La répétition compte d’ailleurs davantage que la durée d’une activité.

« La répétition, c’est un facteur d’opportunité », confirme Aude Buil.

Selon la psychomotricienne, trois petits moments de cinq minutes répartis dans la journée peuvent être plus intéressants qu’un temps de quinze minutes imposé d’un seul bloc. C’est aussi beaucoup plus compatible avec le rythme réel d’un bébé: sa fatigue, sa faim ou tout simplement sa disponibilité du moment peuvent être mieux prises en compte.

Plutôt que de chercher à remplir son emploi du temps d’activités motrices, l’idée est donc surtout de saisir les occasions qui existent déjà dans la journée :

  • varier les positions ;

  • le laisser bouger sur un espace au sol suffisamment ferme et dégagé ;

  • limiter le temps passé dans les dispositifs qui restreignent ses mouvements, comme le transat ;

  • le manipuler avec douceur ;

  • lui permettre de recommencer régulièrement.

Accompagner la motricité, ce n’est pas en faire toujours plus. C’est offrir au bébé suffisamment d’occasions d’expérimenter pour qu’il puisse progressivement construire ses propres mouvements.

Bébé placé sur le ventre, sur un tapis de sol : favoriser la motricité du bébé

Ne pas hésiter à mettre son bébé sur le ventre, sur un tapis de sol suffisamment ferme, afin qu’il muscle sa nuque, son dos, ses bras, en prenant appui dessus pour soulever sa tête et explorer le monde qui l’entoure avant même de savoir marcher ©Polina Tankilevitch

Pourquoi mettre son bébé au sol favorise-t-il sa motricité ?

Le sol offre au bébé un espace stable où il peut :

  • ressentir ses appuis ;

  • bouger librement ;

  • expérimenter progressivement de nouvelles positions.

C’est sur cette base qu’il va pouvoir passer du dos au côté, se retourner, se déplacer puis se verticaliser peu à peu.

À l’inverse, lorsqu’il passe beaucoup de temps dans des dispositifs contenants, ses possibilités de mouvement sont plus limitées. Transat, cosy ou cocon peuvent être utiles dans certaines situations, mais ils ne remplacent pas un espace où le bébé peut véritablement explorer avec son corps.

Par exemple, pour Aude Buil, la différence entre un parc et un tapis ne tient pas seulement à la liberté de mouvement. Elle concerne aussi la place de l’entourage.

  • Un parc délimite un espace dans lequel le bébé est davantage séparé des adultes et des autres enfants.

  • À l’inverse, un tapis posé au sol reste ouvert sur la vie familiale : un parent peut venir s’asseoir à côté du bébé, un frère ou une sœur peut jouer près de lui, un animal peut passer à proximité.

« Sur le haut du podium, l'environnement qui est nécessaire au bébé, c’est l’environnement humain », explique Aude Buil.

Ces interactions participent elles aussi au développement moteur. Aude Buil parle de motricité provoquée pour désigner tous ces petits mouvements suscités par ce qui se passe autour de l’enfant.

  • Un chat qui passe à proximité peut par exemple l’inciter à tourner la tête, à orienter son regard ou à modifier sa posture.

  • Un frère ou une sœur qui joue à côté de lui crée des variations, des sollicitations et des occasions de bouger.

Cette variabilité est importante : le bébé ne construit pas sa motricité uniquement grâce aux objets qu’on lui propose, mais aussi grâce aux personnes qui l’entourent, aux mouvements qu’il observe et aux interactions qu’il vit.

Mettre son bébé au sol ne signifie donc pas seulement lui laisser davantage de liberté de mouvement. C’est aussi lui permettre de prendre part à la vie qui se déroule autour de lui, à hauteur d’enfant.

Motricité libre : faut-il vraiment laisser bébé tout faire seul ?

La motricité libre, conceptualisée par Emmi Pikler dans les années 1950, consiste à laisser l’enfant libre de ses mouvements et de ses choix posturaux, sans lui imposer une position qu’il n’a pas encore acquise par lui-même.

Concrètement, cela signifie par exemple ne pas installer un bébé assis s’il ne sait pas encore s’asseoir seul, ni le mettre debout avant qu’il n’y parvienne de lui-même.

La motricité libre ne signifie pas laisser bébé seul

Laisser le bébé libre de ses mouvements ne signifie pas le laisser seul face à ses acquisitions.

« Il ne faut pas confondre avec l’idée reçue principale de croire qu’il suffit de poser le bébé tout seul sur son tapis, ne rien faire [...] puis il va pousser tout seul », alerte Aude Buil.

Pour la psychomotricienne, la motricité libre suppose aussi :

  • une présence attentive ;

  • une sécurité affective ;

  • un environnement adapté.

Le bébé explore par lui-même, mais il le fait dans un cadre où l’adulte reste disponible, observe et ajuste son accompagnement si nécessaire.

Quand faut-il davantage guider son bébé ?

Aude Buil invite aussi à ne pas transformer la motricité libre en méthode rigide à appliquer de façon identique à tous les enfants.

Un bébé qui va bien peut expérimenter, rater, recommencer et trouver progressivement ses propres solutions motrices. Mais certains enfants ont davantage besoin d’être accompagnés.

C’est notamment le cas des bébés vulnérables, prématurés ou présentant certaines difficultés de développement. Ils peuvent avoir plus de mal à initier eux-mêmes un mouvement, à trouver une position confortable ou à gérer l’échec lorsqu’une tentative n’aboutit pas.

« Ce jeu libre, même s’il a une place importante, il doit être précédé ou accompagné par une guidance de l’adulte », explique Aude Buil.

Dans ces situations, l’adulte peut aider l’enfant à s’installer, à s’enrouler ou à trouver une posture dans laquelle il pourra ensuite expérimenter plus sereinement. L’objectif reste de favoriser son autonomie, mais en tenant compte de ses ressources et de ses besoins propres.

Ainsi, pour les bébés ayant connu une hospitalisation en néonatalogie, les premières expériences corporelles, sensorielles et relationnelles peuvent avoir été bousculées, ce qui peut demander un accompagnement encore plus ajusté.

La motricité libre n’oppose donc pas autonomie du bébé et accompagnement de l’adulte. Elle invite plutôt à laisser à l’enfant l’initiative de ses acquisitions, tout en lui apportant la présence et la guidance dont il peut avoir besoin.

Un tapis de sol sur lequel toute la famille se retrouve

Les tapis de sol Mezamé Paris, version king size, la safe place familiale : un endroit où toute la famille peut se poser, se mettre à hauteur d’enfant, interagir.

Comment aménager un espace qui encourage bébé à bouger ?

Pas besoin de transformer son salon en salle de motricité. Un espace simple, sécurisé et suffisamment dégagé peut suffire à donner au bébé des occasions d’explorer librement.

Un espace sécurisé vaut mieux qu’une accumulation de matériel

L’essentiel est d’abord de proposer au bébé une surface suffisamment ferme pour qu’il puisse ressentir ses appuis et ajuster ses mouvements.

Un tapis posé au sol peut remplir cette fonction à condition de ne pas être trop mou. L’objectif est que le bébé puisse :

  • pousser ;

  • prendre appui ;

  • se retourner ;

  • changer progressivement de position sans être enfermé dans un dispositif qui limite ses mouvements.

« On n’est pas obligé de multiplier les équipements. Il faut juste quelques-uns bien pensés avec des jouets effectivement limités », conseille Charlotte Ribeyron.

Dans un petit logement, un seul coin bien pensé peut donc être plus utile que plusieurs espaces surchargés. Charlotte Ribeyron conseille aussi de ne pas mettre tous les jouets à disposition en même temps : quelques objets peuvent suffire, puis être remplacés régulièrement pour renouveler l’intérêt du bébé.

Leur positionnement compte également. Placer systématiquement tous les objets juste au-dessus de la tête du bébé ne l’incite pas forcément à varier ses mouvements. Les disposer légèrement sur le côté peut au contraire l’amener à tourner la tête, orienter son regard ou déplacer son corps pour aller vers eux.

L’espace de bébé peut aussi devenir un espace familial

L’intérêt d’un espace au sol ne tient pas seulement au matériel qu’on y installe. Il permet aussi aux adultes et aux autres enfants de la famille de venir naturellement à hauteur du bébé.

S’asseoir près de lui, lire une histoire, parler, observer ou simplement rester à proximité crée déjà des interactions et des occasions de mouvement. Il n’est pas nécessaire d’être en permanence dans une activité dirigée. Le bébé peut :

  • grimper sur les jambes d’un parent ;

  • se tourner vers une voix ;

  • suivre le passage d’un frère ou d’une sœur ;

  • ajuster sa posture à ce qui se passe autour de lui.

Cet espace devient alors moins un « coin bébé » isolé qu’un lieu partagé, intégré à la vie de famille.

Charlotte Ribeyron parle d’ailleurs du tapis comme d’une sorte de « safe place » familiale : un endroit où l’on se pose, où l’on se met à hauteur d’enfant et où les interactions peuvent se faire plus simplement.

Aménager un espace favorable à la motricité, ce n’est donc pas accumuler du matériel. C’est surtout permettre au bébé de bouger, d’observer et d’entrer facilement en relation avec les personnes qui l’entourent.

À quel âge faut-il s’inquiéter si bébé ne marche pas ou n’acquiert pas une étape ?

Pour savoir si une acquisition motrice tarde réellement, il faut distinguer l’âge moyen d’acquisition de la fin de la période au cours de laquelle cette acquisition peut normalement apparaître.

« Le problème, pour moi, c’est que les parents se basent souvent sur l’âge moyen comme étant la limite », met en garde Aude Buil.

La marche en est un bon exemple. Dans l’épisode, Aude Buil indique un âge moyen autour de 14-15 mois, mais un âge repère à 18 mois. Un bébé qui ne marche pas encore à 14 ou 15 mois n’est donc pas nécessairement en retard.

« Ils [les parents] vont trouver l’âge moyen. Ils vont rarement trouver la période », explique Aude Buil.

Cette distinction permet aussi d’éviter les comparaisons permanentes entre enfants. Deux bébés peuvent acquérir une même compétence à des moments différents sans que l’un soit « en avance » et l’autre « en retard ».

Tous les jalons moteurs ne doivent pas non plus être envisagés comme une succession obligatoire et identique pour chaque enfant. Certains vont ramper, d’autres non ; certains marcheront à quatre pattes, d'autres se déplaceront sur les fesses ; le rythme et la manière d’arriver à une nouvelle posture peuvent varier.

Pour suivre le développement de son bébé, Aude Buil recommande de revenir à des repères simples. Le carnet de santé comporte depuis 2025 des repères développementaux qui permettent aux parents de mieux situer les acquisitions de leur enfant.

Les rendez-vous avec le pédiatre ou un autre professionnel de santé sont aussi l’occasion d’échanger lorsqu’une acquisition tarde, qu’un mouvement paraît difficile ou que les parents ont simplement un doute.

Aude Buil cite également le site Agir tôt, qui propose des repères par âge et des ressources conçues avec des professionnels.

L’objectif n’est donc pas de surveiller chaque nouvelle compétence avec un calendrier à la main, mais de disposer de repères suffisamment fiables pour savoir quand laisser du temps au bébé et quand demander un avis professionnel.

La motricité du bébé, le triangle de la pédiatre hongroise Emmy Picker et le concept de motricité libre

©Yankrukov

Comment aider son bébé à aimer bouger sans lui mettre de pression ?

Aider son bébé à développer sa motricité, ce n’est pas chercher à ce qu’il fasse plus vite. C’est lui permettre de découvrir progressivement ce que son corps peut faire, dans un environnement où le mouvement reste associé au plaisir.

Rouler, changer de position, grimper sur les jambes d’un parent, jouer au sol ou simplement essayer d’attraper un objet sont autant d’expériences qui nourrissent cette relation au corps.

Pour Aude Buil, cette culture du mouvement se construit très tôt. Elle ne commence pas au moment où l’on s’inquiète de la sédentarité d’un enfant plus grand ou d’un adolescent : elle peut s’ancrer dès les premiers mois, dans les gestes simples du quotidien.

L’enjeu n’est donc pas que le bébé marche tôt, mais qu’il ait le temps d’explorer. Vouloir accélérer ses acquisitions revient parfois à projeter sur lui une logique très adulte de performance et de résultat.

Or, comme le rappelle Aude Buil, le temps passé à chercher, tester, recommencer ou simplement observer n’est pas du temps perdu. Il participe pleinement au développement.

« Je leur souhaite qu’on leur fiche la paix avec la performance », s'exclame-t-elle quand on lui demande ce qu'elle souhaite pour les enfants d'aujourd'hui, adultes de demain.

Cette phrase résume bien l’esprit du message d'Aude Buil et Charlotte Ribeyron à propos de la motricité du bébé :

  • accompagner sans pousser ;

  • proposer sans imposer ;

  • observer sans comparer.

Les bébés nous obligent aussi, d’une certaine manière, à ralentir. À accepter qu’une acquisition prenne du temps, qu’elle n’arrive pas au même moment chez tous les enfants et que le chemin compte autant que le résultat.

« Je leur souhaite de grandir tranquillement, de s’approprier leur corps avec joie, confiance, sans pression de la vitesse et du résultat, » conclut Aude Buil.

L’objectif n’est pas de fabriquer des bébés « performants », mais de leur permettre de devenir peu à peu à l’aise dans leur corps, curieux de bouger et confiants dans leurs propres capacités.

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